La Suisse participe à la guerre de l'acier

Les exportations suisses concernées par ce litige s’élèvent à 20 millions de francs. Keystone Archive

Nouvelle étape dans la guerre de l'acier. A son tour, la Suisse demande à l'OMC de trancher un litige commercial avec les Etats-Unis.

Ce contenu a été publié le 03 juin 2002 - 18:24

C'est la toute première fois que la Suisse recourt à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et à son organe de règlement des différends (ORD) dans un litige commercial.

En clair, Berne a demandé lundi la création d'un groupe d'experts chargés d'évaluer la légalité des surtaxes américaines sur les importations d'acier. Une mesure entrée en vigueur le 20 mars et destinée à protéger l'industrie sidérurgique américaine.

Lancée de concert avec la Norvège, la requête helvétique sera examinée par l'ORD le 14 juin. Elle s'ajoute d'ailleurs à celles du Japon, de la Corée du Sud et de l'Union européenne.

Une offensive internationale en ordre dispersé qui pourrait bien aboutir à la constitution d'un seul groupe d'experts.

Ce panel aura 15 mois pour décider si taxes américaines violent ou non les règles de l'OMC. Et, si le verdict de l'ORD est favorable à la Suisse et aux autres plaignants, les Etats-Unis devront supprimer les taxes incriminées ou accepter des mesures compensatoires.

Un secteur spécialisé

Quoi qu'il en soit, les exportations helvétiques concernées par ce litige ne sont pas énormes. Elles s'élèvent à 20 millions de francs. «Les montants de droit de douane que nous pourrions compenser s'élèvent, eux, à 80 000 francs», précise Luzius Wasescha, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux.

De fait, la Suisse n'exporte pas d'acier brut. Mais une dizaine d'entreprises produisent des aciers spéciaux. Des métaux à hautes valeurs ajoutées destinés principalement à l'industrie automobile et à celle des machines-outils.

Berne espère donc pouvoir convaincre Washington de retirer ses produits de la liste des importations surtaxées. Selon Luzius Wasescha, les Etats-Unis y seraient favorables, au moins sur une partie des produits concernés.

Faible inquiétude suisse

Cela dit, les mesures commerciales adoptées récemment par les Etats-Unis - que ce soit dans le domaine de l'acier ou alors dans celui de l'agriculture - n'inquiètent pas outre mesure la Suisse.

«Avec ce litige, nous restons dans le cadre prévu par l'OMC», souligne Luzius Wasescha. D'ailleurs le délégué aux accords commerciaux juge prématuré de parler d'une volonté protectionniste de la part des Etats-Unis.

«Le président américain, rappelle Luzius Wasescha, cherche à obtenir du Congrès une plus grande marge de manœuvre en matière de négociations commerciales. C'est dans ce contexte que s'inscrivent les concessions faites à l'agriculture et à la sidérurgie.»

Et le délégué aux accords commerciaux de poursuivre: «N'oublions pas non plus les échéances électorales américaines de novembre prochain».

swissinfo/Frédéric Burnand à Genève

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