La Suisse reste bien placée dans la course à l'innovation

En 2000, les entreprises suisses ont consacré près de 8 milliards de francs à la recherche et au développement. Keystone Archive

Les entreprises suisses continuent à beaucoup dépenser en matière de recherche et de développement. Des signaux d'alarme commencent à s'allumer.

Ce contenu a été publié le 21 décembre 2001 - 17:13

Près de 8 milliards de francs: c'est le montant que les entreprises suisses ont consacré en 2000 à la recherche et au développement. Viennent encore s'y ajouter près de 2 milliards consacrés à des mandats réalisés à l'extérieur des entreprises. Des chiffres publiés jeudi à Zurich par l'Office fédéral de la statistique (OFS).

C'est un indicateur important pour mesurer la vitalité de l'économie suisse. Pour aujourd'hui, mais surtout pour demain. Comme le relève Carlo Malaguerra, le directeur de l'OFS, «la recherche et le développement sont des dépenses qui préparent le futur pour l'industrie.»

La Suisse dans le Top 5

Elles ont, en raison de la récession, reculé puis stagné au début des années 90. Mais elles sont depuis 1996 à nouveau en progression (de 12% de 1996 à 2000). Trois branches représentent 84% des investissements en recherche et développement: les machines et la métallurgie, l'industrie pharmaceutique et chimique, ainsi que les laboratoires de recherche.

En comparaison internationale - si l'on prend le montant des dépenses en recherche et développement par rapport au produit intérieur brut - la Suisse parvient à se maintenir dans le peloton de tête. Elle arrive en cinquième position des pays de l'OCDE. Derrière la Suède, la Finlande, les Etats-Unis et le Japon. Mais devant l'Allemagne et la France, par exemple.

Le rôle des cerveaux étrangers

La Suisse est donc une petite superpuissance scientifique et technique. Un statut qu'elle doit pourtant en grande partie à des cerveaux étrangers. Ainsi, depuis 1992, les entreprises suisses dépensent plus, en matière de recherche et développement, à l'extérieur qu'à l'intérieur du pays. Un investissement, pour 2000, de plus de 9 milliards de francs suisses.

Inquiétant? «Ces chiffres dénotent l'absence de certaines compétences en Suisse. Bien sûr, cela doit nous donner à réfléchir», relève Carlo Malaguerra. En outre, un tiers des personnes engagées dans la recherche en Suisse sont des étrangers. Une proportion qui monte à près de 50% en ce qui concerne le personnel universitaire.

Un financement qui stagne

Autre élément de diagnostique: la stagnation des recherches financées par le Fonds national de la recherche scientifique, donc les deniers publics. Alors que dans d'autres pays, à l'instar des Etats-Unis et de l'Allemagne, ces financements continuent d'augmenter.

Paul Herrling, qui dirige la recherche chez Novartis, ne cache pas son inquiétude: «quand on analyse l'investissement que fait l'Etat en sciences naturelles, on voit un déclin, qui est de mauvais augure». Si cette tendance se poursuit, avertit Paul Herrling, la position privilégiée de la Suisse dans des domaines comme les biotechnologies, le biomédical ou la chimie, sera menacée.

Plaidoyer pour les sciences naturelles

Le responsable du géant bâlois réclame donc, au nom de son industrie, une bonne recherche et un bon enseignement en sciences naturelles. Il considère en outre la nouvelle maturité fédérale comme un pas en arrière, pour avoir réduit au minimum le rôle de ces disciplines. «C'est dangereux, argumente Paul Herrling, car finalement la richesse de notre société est de plus en plus basée sur la science et la technologie.»

Pierre Gobet, Zurich

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