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La Suisse salue la démission de Paul Wolfowitz

Paul Wolfowitz aura quitté ses fonctions le 30 juin.

(Keystone)

L'accusation de népotisme a finalement eu raison de Paul Wolfowitz. Jeudi, la Banque mondiale et son président annoncent conjointement la démission de ce dernier pour fin juin.

La Suisse salue ce dénouement. Selon Berne, il contribuera à résoudre le conflit qui entrave le travail et la fonction de l'institution depuis des semaines

«Nous sommes soulagés. La Banque mondiale peut désormais revenir rapidement à la normalité», déclare vendredi Evelyn Kobelt, porte-parole du Département fédéral (ministère) de l'économie (DFE).

Le DFE qui par ailleurs «reconnaît le fort engagement personnel de Paul Wolfowitz en tant que président de la Banque mondiale, en particulier en faveur de l'Afrique et du climat».

Le mois dernier déjà, lors des assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, Doris Leuthard, cheffe du DFE et son collègue Hans-Rudolf Merz, ministre des finances relevaient le climat «constellé de nuages inquiétants».

Doris Leuthard disait alors à swissinfo «regretter» que le scandale entourant la promotion de la compagne de Paul Wolfowitz au Département d'Etat «éclipse les autres thèmes des réunions» des institutions de Bretton Woods.

Controversé dès le départ

L'annonce de cette démission met ainsi fin à deux ans d'une présidence controversée dès le début: avant sa nomination à la tête de l'institution internationale, Paul Wolfowitz avait été, en tant que No 2 du Pentagone, l'un des principaux architectes de la guerre en Irak.

La controverse sur la promotion et l'augmentation accordées à sa compagne Shaha Riza apparaissait de plus en plus comme un handicap menaçant de ternir la réputation de la Banque et d'entraver sa capacité à convaincre les pays contributeurs de continuer à verser des millions de dollars destinés à l'aide financière aux pays pauvres.

Les 24 membres du Conseil d'administration de la Banque se sont à nouveau réunis jeudi pour se pencher sur cette affaire. Paul Wolfowitz «nous a assuré qu'il a agi de façon éthique et de bonne foi», pensant agir «au mieux des intérêts de l'institution», indique un communiqué de la Banque mondiale qui dit accepter cette présentation des faits.

Il est dans l'intérêt du Conseil que sa mission «soit désormais assurée sous un autre leadership», admet Paul Wolfowitz dans un communiqué publié jeudi.

Le Conseil d'administration de son côté n'évoque pas d'arrangement financier relatif au départ de M. Wolfowitz et ne dit rien du sort de Mme Riza.

Chasse gardée de Washington

Les Etats-Unis sont le plus gros contributeur de la Banque mondiale et la coutume veut que le poste de président soit occupé par un Américain. L'administration Bush entend bien perpétuer cette tradition vieille de plusieurs décennies.

La Maison Blanche a déjà annoncé qu'elle proposerait bientôt un candidat pour succéder au président déchu.

Jeudi, lors d'une conférence de presse commune avec Tony Blair à la Maison Blanche, George W. Bush avait évoqué l'affaire, apparaissant résigné à un départ de M. Wolfowitz. «Je regrette qu'on en soit arrivé là», a déclaré le président américain, qui avait appuyé sa nomination pour le poste. «J'admire Paul Wolfowitz. J'admire son engagement pour aider les pauvres», a-t-il également souligné.

De leur côté, les membres européens de la Banque mondiale, menés par la France, l'Allemagne et les Pays-Bas, ont fait pression pour que M. Wolfowitz démissionne.

«Cela ne peut pas continuer comme ça. C'est vraiment mauvais pour la Banque», avait déclaré jeudi Kees-Jaap Ouwekerk, porte-parole du ministre néerlandais du Développement.

Au Danemark, Ulla Tornaes, ministre de la Coopération et du Développement, avait expliqué voir «mal» comment Paul Wolfowitz pourrait rester après le rapport publié lundi par une commission spéciale de la Banque mondiale, concluant qu'il avait violé les règles éthiques de l'institution.

swissinfo et les agences

Le cas Wolfowitz

L'affaire remonte à 2005 mais n'a fait surface que le mois dernier. Trois mois après son arrivée à la tête de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz obtenait un poste au Département d'Etat pour son amie, Shaha Riza.

Cette Britannique d'origine libyenne travaillait à la Banque mondiale depuis huit ans, mais pour éviter un conflit d'intérêt, elle quitta l'organisation pour le Département d'Etat. Ce transfert s'accompagna d'une promotion et d'une augmentation de salaire de plus de 50'000 dollars par an.

Une ONG américaine estime que Shaha Riza, qui ne paie pas d'impôt en tant que détachée de la Banque mondiale, gagne plus de 193'000 dollars. C'est 7000 de plus que sa patronne, la ministre des Affaires étrangères Condoleeza Rice.

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Portrait

Paul Wolfowitz (63 ans), brillant universitaire, mathématicien de formation et docteur ès sciences politiques de la prestigieuse université de Yale, était surtout connu comme une éminence grise du président George W. Bush, qui a favorisé son accession à la tête de la Banque mondiale en 2005.

En 1973, il entre à l'Agence pour le contrôle des armes et du désarmement, puis travaille au Pentagone et passe ensuite au Département d'Etat, chargé des relations entre les Etats-Unis et une vingtaine de pays d'Asie orientale et du Pacifique.

Après trois années comme ambassadeur à Jakarta, il est nommé sous-secrétaire à la Défense. Il s'y fait une réputation de 'faucon', c'est-à-dire partisan d'une attitude extrêmement ferme des Etats-Unis pour défendre leurs intérêts stratégiques, y compris par les armes.

Après avoir été l'un des principaux architectes de la guerre en Irak, il se voulait le héraut des déshérités de la planète. Sa nomination avait d'ailleurs suscité des grincements de dents dans certaines capitales, notamment européennes.

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