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La Suisse tire la sonnette d'alarme atomique

Manifestations contre les armes nucléaires, en marge de la conférence new-yorkaise.

(Keystone)

Devant les Nations Unies, la Suisse a qualifié d’inquiétants les récents développements en matière de désarmement et de non-prolifération nucléaires.

Peter Maurer, son ambassadeur auprès de l’ONU à New York, appelle à redoubler d’efforts pour maintenir et renforcer le Traité de non-prolifération nucléaire.

Presque 35 ans après son entrée en force, le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) est «très loin» du but qu'il s'était fixé, a déclaré mardi Peter Maurer devant la conférence consacré au dit TNP à New York.

Selon l’ambassadeur, le traité sur l'interdiction des essais nucléaires n'est pas appliqué et les négociations sur un traité concernant la vente de matériel nucléaire n'ont pas encore commencé.

La Suisse est donc catégorique: il y a urgence à renforcer la crédibilité du TNP et des traités semblables.

«Mon pays attache une importance primordiale à ce que le Traité conserve et renforce la crédibilité qui, jusqu’à aujourd’hui, a tout de même incité l’immense majorité des Etats-parties à respecter leurs engagements par rapport au TNP», a expliqué l’ambassadeur.

Selon Peter Maurer, les acquis et le contenu du TNP doivent être maintenus, mais aucune régression, aucune concession ne doit être tolérée. Ce traité doit être le seul instrument juridique à caractère obligatoire pour la promotion de la paix et la non-prolifération des armes nucléaires, a plaidé l'ambassadeur suisse.

Inde, Pakistan et compagnie

Lors de son intervention, Peter Maurer a aussi rappelé que l'Inde, le Pakistan et Israël n'avaient pas encore signé ce traité. Et qu’en conséquence, son universalité n’est pas garantie.

Aux cas des pays non-signataires s’ajoutent les problèmes de la Corée du Nord, qui s’est distancée du TNP ces dernières années, et de l’Iran, dont la nature véritable du programme nucléaire iranien demeure floue.

Devant l’assemblée, l’ambassadeur helvétique a constaté qu’«un marché noir d'une taille considérable» autour du matériel nucléaire est en train de se développer. «Cette préoccupation est accentuée par le lien potentiel entre prolifération et terrorisme», a estimé Peter Maurer.

La Suisse déplore aussi que quelques nations - dont les Etats-Unis - aient débloqué des fonds destinés au développement de nouvelles armes nucléaires. Des décisions qui ne vont pas du tout dans le sens du traité.

«Les besoins sécuritaires de chacun»

Le diplomate suisse a reconnu quelques développements positifs intervenus ces dernières années: l'adhésion de Cuba au TNP, la décision libyenne de renoncer au nucléaire, la confirmation que l'Irak ne développait aucun programme lié à l'atome et le traité russo-américain de désarmement stratégique.

«Trente-cinq ans après son entrée en vigueur, a lancé Peter Maurer, le TNP reste un instrument multilatéral de base dont toutes les finalités sont encore à honorer. Le mandat de cette conférence est de s’assurer que les objectifs du Traité sont en voie de réalisation et de trouver les moyens d’y remédier le cas échéant.»

«Aux défis traditionnels se sont ajoutés de nouveaux, notamment la remise en question de l’acquis des conférences d’examen précédentes, a souligné l’ambassadeur. Nous espérons que cette conférence parviendra à surmonter ces défis et à tenir compte des besoins sécuritaires de tous.»

swissinfo et les agences

Faits

Les 188 pays parties prenantes au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) tiennent réunion à New York du 2 au 27 mai
L’objectif est de redonner de la consistance à un traité au bilan plus que mitigé
La conférence se réunit alors que la Corée du Nord et l'Iran (pays signataires) sont soupçonnés de développer un programme secret d’armement atomique
Le TNP a été signé le 1er juillet 1968 et la Suisse l'a ratifié en 1977

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En bref

- Le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) combat la prolifération de l’armement nucléaire.

- Il interdit aux pays signataires qui ne disposent pas d’armement nucléaire d’en fabriquer ou d’en acquérir.

- Il garantit le contrôle et le transfert des connaissances scientifiques à des fins pacifiques à travers l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

- Il prévoit la fin de la course aux armements nucléaires ainsi qu'un désarmement nucléaire total.

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