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La Suisse veut chambouler les traditions du FMI

A Washington, les manifestants altermondialistes souhaitent un "mauvais anniversaire" au FMI et à la Banque mondiale.

(Keystone)

Aux réunions de printemps du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale à Washington, la Suisse appelle le FMI à choisir son nouveau directeur général dans le cadre d’un processus ouvert et transparent.

Les jeux semblent néanmoins faits et le nouveau directeur devrait être européen – comme le veut la tradition.

La Suisse s’abstient pour le moment d’apporter son soutien au candidat de l’Union Européenne au poste de directeur général du Fonds Monétaire International, l’Espagnol Rodrigo Rato, alors que l’élection par le Conseil d’Administration du FMI de l’ancien Ministre des Finances et de l’Economie du gouvernement Aznar apparaît désormais acquise.

Le poste de directeur général du FMI est vacant depuis la démission de l’Allemand Horst Koehler le mois dernier. La tradition, établie depuis la création des deux institutions de Bretton Woods il y a 60 ans, veut que le Fonds Monétaire International soit dirigé par un Européen et la Banque Mondiale par un Américain.

Jeudi, l’Union Européenne a désigné son candidat en la personne de Rodrigo Rato. L’ancien ministre de Jose Maria Aznar a immédiatement reçu l’appui des Etats-Unis. De l’avis de la plupart des observateurs intérieurs et extérieurs au FMI, le soutien américain rend désormais certaine l’accession de l’Espagnol à la tête de l’organisation internationale.

Vendredi soir, les pays en développement se sont d’ailleurs rangés derrière Rodrigo Rato, même s’ils avaient fait campagne pour que la tradition soit rompue et que le poste aille à un ressortissant égyptien, Mohamed El-Erian.

«Sans considération de nationalité»

La Suisse s’était associée aux pressions en faveur de la nomination d’un candidat non européen. Le 19 mars dernier, dans un communiqué fort inhabituel, elle avait joint les pays en développement ainsi que l’Australie et la Russie pour exiger notamment que la sélection du futur directeur général se déroule «sans considération de nationalité» et sur la base d’une «pluralité de candidats représentant la diversité des membres à travers les régions».

Mais samedi, Joseph Deiss et Jean-Pierre Roth, qui emmènent la délégation suisse aux réunions de printemps, ont refusé de considérer la nomination de Rodrigo Rato comme acquise. «Nous n’avons pas encore adopté de position finale» sur le choix du futur directeur général, a déclaré Joseph Deiss à swissinfo.

Le président de la Confédération a ajouté qu’il est «un peu tôt» pour se prononcer sur les idées déjà évoquées par le candidat espagnol sur la nécessité d’améliorer les capacités du FMI à prévenir les crises économiques et monétaires.

Par ailleurs, interrogé quant à savoir savoir si Rodrigo Rato est aujourd’hui le candidat officiel, Jean-Pierre Roth s’est refusé à une telle affirmation. «Non, il est le candidat proposé par l’Espagne et il appartiendra au conseil d’administration du FMI de décider», a ainsi souligné le président de la Banque nationale suisse.

Réalistes malgré tout

Cependant, les responsables suisses demeurent réalistes. «J’ai l’impression que, de bien des côtés, des signaux sont venus qui montrent que le choix de directeur général est déjà fait et que la dimension politique est ici évidente», reconnaît ainsi Jean-Pierre Roth. Le patron de la banque centrale helvétique maintient toutefois que «notre voeu est que la discussion qui aura lieu au conseil d’administration soit transparente et ouverte».

swissinfo, Marie-Christine Bonzom, Washington


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