La Swisscoy se passera d'avions de transports

Le Casa C-295M. C’est à l’achat de deux transporteurs de troupes de ce type que le Conseil fédéral renonce pour l’instant. Keystone

La nouvelle était attendue, elle est tombée mardi: le Conseil fédéral renonce pour l'instant à l'achat de deux petits avions de transport pour ses troupes à l'étranger. Ainsi amputé de presque 120 millions, le programme d'armement 2001 passe sous la barre du milliard de francs.

Ce contenu a été publié le 03 juillet 2001 - 18:06

L'achat de ces deux Casa C-295M, de fabrication espagnole, capables de transporter chacun 66 hommes, avait été proposé par l'ancien chef du Département de la défense (DDPS) Adolf Ogi, contre l'avis de son état-major. Les militaires lui préféraient un modèle italo-américain, techniquement supérieur, mais nettement plus cher.

Mardi face à la presse, le nouveau ministre de la défense Samuel Schmid a précisé qu'il avait présenté l'option de son prédécesseur à ses collègues, mais que le gouvernement avait décidé de se passer pour l'instant de transporteur de troupes.

Le Conseil fédéral explique sa décision par des raisons financières, mais également en invoquant le fait que tant que les contours d'Armée 21 ne sont pas définitivement arrêtés, il y a des achats plus urgents à faire.

Surtout, comme l'a souligné Samuel Schmid, au vu des résultats de la votation du 10 juin, où presque un Suisse sur deux a voulu s'opposer à l'armement de ses soldats à l'étranger. «Ce qui ne veut pas du tout dire, a bien précisé le ministre, que la continuation des missions de l'armée suisse hors de ses frontières soit d'une manière ou d'une autre compromise.»

Actuellement, la Swisscoy a recours à un appareil de location pour ses transports au Kosovo. Cette solution, qui revient à trois millions par année, semble satisfaisante tant que le besoin de transports n'augmente pas.

Avec le renoncement à ces deux avions, le programme d'armement 2001 passe donc à 980 millions. C'est le montant le plus modeste alloué à l'armée durant ces douze dernières années, où la moyenne oscillait plutôt entre 1,5 et 2 milliards. Pas loin de 800 millions de commandes devraient revenir directement ou indirectement à l'économie suisse.

Il s'agit essentiellement d'un programme de modernisation. Le gouvernement juge que même - et surtout - redimensionnée à la baisse, l'armée a besoin des derniers cris en matière de technologie.

C'est ainsi que l'on dépensera 220 millions pour l'amélioration des systèmes électroniques d'identification de l'ennui et de guidage des chasseurs FA-18. 293 autres millions seront affectés à l'achat de nouveaux missiles sol-air et 166 millions à l'acquisition de 25 chars de dépannage pour les troupes blindées.

Autre gros morceau, les 168 millions affectés à l'achat de nouveaux obus d'artillerie dits «intelligents». Ils offrent en effet la particularité de se scinder en deux à l'approche de leurs objectifs et de détruire deux cibles pour le prix d'une seule.

Ces engins ne pourront toutefois pas être testés en Suisse, car aucune place de tir ne le permet. Les essais auront lieu en Allemagne.

Marc-André Miserez

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