Le destin contrasté des voitures électriques

Un jour, peut-être, les automobilistes pourront rouler en voitures électriques à bon marché. Keystone Archive

A Martigny, l'expérience de location de véhicules électriques légers a tourné au flop commercial. Au Tessin, l'expérience se prolonge. Grâce aux subsides.

Ce contenu a été publié le 31 octobre 2001 - 18:17

Lancé en 1995 par la Confédération, le projet véhicules électriques légers (VEL) a essaimé dans plusieurs régions de Suisse. Parti de Mendrisio au Tessin - où le projet VEL 2 vient de démarrer - il s'était ensuite étendu à Sion et Martigny en Valais, à Riehen et Mutten à Bâle, ainsi qu'à Ittigen et Wohlen dans le canton de Berne.

A Martigny, le projet pilote «CityCar», de location de petites voitures électriques aux particuliers, s'est déroulé de 1998 à 2001. Or, il vient d'être qualifié «d'économiquement désastreux», selon un rapport de l'EPFL.

Une expérience ne peut pas être rentable

«Cet échec commercial ne peut pas être qualifié de désastreux», lance Anne-Marie de Andréa, responsable de la communication du projet «CityCar».

Il faut en effet resituer l'objectif du projet «CityCar». Trente voitures électriques ont été mises à disposition de volontaires de la ville de Martigny. Des véhicules utilisés gratuitement. Pour ce faire, la Confédération avait débloqué une petite aide financière.

«Durant deux ans, précise la responsable, l'expérience s'est surtout portée sur la fiabilité des véhicules, la recherche technique et les améliorations à apporter à ces VEL. Or la phase payante, soit quelques francs par kilomètre et par conducteur, n'est entrée en vigueur que la dernière année».

Dans ces conditions, il est évident que l'expérience ne pouvait pas être rentable car, de fait, elle n'était pas commerciale. Elle a même coûté beaucoup d'argent. Ce qui a signé son arrêt de mort.

Plus de chance à Mendrisio

Mais l'échec de Martigny ne signifie pas pour autant la mort des véhicules électriques légers. Pour preuve, la ville de Sion reprend à son compte la suite de ce projet «CityCar». Dans l'espoir que les citoyens de la ville utiliseront mieux les petites voitures. Toutefois, ils devront payer immédiatement les kilomètres parcourus.

L'espoir vient du Tessin. L'expérience cartonne. Ces véhicules électriques se vendent et se louent avec succès. Et pourtant la ville ne compte que 8000 habitants, contre 13'000 à Martigny.

«La situation peut paraître paradoxale, mais elle s'explique», lance Raffaele Domeniconi, chef de projet des VEL à Mendriso. Où 400 voitures électriques ont été vendues à des citoyens intéressés au projet. De plus, affirme le chef de projet, « le système 'Easy Move', de location au kilomètre ( comme à Martigny), n'est pas dans les chiffres rouges.»

Nécessité de subsidier ces expériences

Comment expliquer ce succès? Raffaele Domenico l'attribue aux aides financières conséquentes de la Confédération et du Canton.

Car c'est là que le bât blesse. «Actuellement, précise le chef de projet, les véhicules électriques sont soit des prototypes, soit issus de fabrications en petites séries. Par ailleurs, les batteries électriques sont encore très chères».

Et Raffaele Domenico d'ajouter: «Les citoyens se sont intéressés à ces voitures ou à leur location, car, grâce aux subventions, ils ont bénéficié d'excellents prix».

Et de conclure: «Le coût réel d'un VEL rendrait inabordable son utilisation. Et sans subsides, ces expériences n'auraient aucun succès auprès de la population».

Cela dit, seule la continuité de ces expériences, encore non rentables et coûteuses, permettra un jour aux automobilistes de rouler en voitures électriques à bon marché.

Jean-Louis Thomas

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