Le FMI estime que l'économie suisse piétine

Dans un rapport sans fard, le Fonds Monétaire International affirme que «l'économie suisse continue de faire du sur-place».

Ce contenu a été publié le 10 avril 2003 - 16:38

A tel point que le FMI fait une prévision de croissance qui est, à la fois, infime et prudente.

Les économistes de l'institution financière internationale prévoient en effet un taux de croissance d'environ 0,75% seulement pour cette année. Mais ils s'empressent d'avertir que ce maigre chiffre est susceptible d'être encore rogné par la lenteur de la reprise de l'économie mondiale et la guerre en Irak.

Pour l'essentiel d'ailleurs, les experts du FMI attribuent la mauvaise santé de l'économie helvétique au contexte international. Ils relèvent ainsi que, contrairement à leurs propres prédictions, «l'économie mondiale n'a pas repris du poil de la bête».

Conséquence: la Suisse s'est «embourbée dans la stagnation» face à une «demande extérieure terne» qui s'est traduite notamment par une baisse des exportations et une augmentation du chômage.

Sur le plan régional, le FMI note que «la relance attendue dans l'Union Européenne, principal partenaire commercial de la Suisse, ne s'est pas encore établie».

Les points positifs

Fruit de l'enquête menée par une délégation du FMI qui s'est rendue en Suisse en février, le rapport affirme néanmoins que la Suisse n'est pas désarmée devant la morosité ambiante.

«Ce serait une erreur de trop dramatiser la situation», écrivent les experts du FMI, en soulignant en particulier que la consommation a poursuivi sa progression.

«Bien que certains secteurs se soient nettement contractés, notamment le secteur financier et l'industrie du tourisme, ajoutent les économistes internationaux, la majeure partie de l'économie suisse a montré un certain degré de résistance et de récupération.»

Pour le FMI, «le défi qui se présente à la Suisse est de favoriser les conditions d'une relance de la demande». Dans cette perspective, l'institution financière internationale fait une série de recommandations aux autorités helvétiques.

Quelques conseils

Le FMI conseille d'abord à la Banque Nationale Suisse (BNS) d'abaisser à nouveau les taux d'intérêts à court terme. Qui, note l'institution, ont déjà été «réduits à presque zéro, et ce, à juste titre». Il recommande en outre à la banque centrale d'intervenir au cas où le franc suisse s'envolerait.

Le FMI conseille par ailleurs au gouvernement fédéral de se serrer la ceinture. «La croissance des dépenses qui est prévue en 2004 et au-delà n'est plus viable», estime-t-il. Avant d'ajouter que «le budget devra donc être beaucoup plus austère».

Quelques reproches

Comme dans les années passées, le très libéral FMI reproche à la Suisse les «secteurs protégés» de son économie. Cette année, le FMI en appelle même aux responsables du gouvernement. «Un leadership politique est nécessaire pour raviver le mouvement de réforme», avance le rapport.

A cet égard, le FMI considère que le projet de loi sur la concurrence fournira «un meilleur cadre pour combattre les cartels, abattre les barrières et lutter contre les ententes sur les prix».

Le FMI se réjouit également de la libéralisation des services postaux. Mais il déplore que la réforme des télécommunications et de l'électricité soit sur une voie de garage.

swissinfo, Marie-Christine Bonzom, Washington

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