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Le gouvernement veut un état-major de crise

La décision de créer un état-major supérieur de crise à été présentée mercredi par les ministres Christoph Blocher (gauche) et Samuel Schmid.

(Keystone)

Le gouvernement a décidé mercredi d’instaurer un état-major supérieur de crise pour prévenir et mieux gérer les menaces à la sécurité intérieure. Un projet concret devrait être présenté d’ici la fin de l’année.

L’idée de transformer le ministère de la défense en un super-ministère de la sécurité a en revanche été gelée.

Il n'est pas possible actuellement d'analyser les menaces dans toutes leurs dimensions et de s'y préparer d’une manière optimale, a conclu le gouvernement lors d'une séance spéciale mercredi.

Ce constat vaut surtout pour les dangers d'envergure majeure comme les grands rassemblements politico-économiques (Forum de Davos, Sommet du G8) ou des attaques terroristes (New York ou l'Ossétie du Nord).

Conduite défaillante



Les discussions sur le réexamen du système de sécurité intérieure, qui ont notamment abouti en début d'année à l'enterrement du projet USIS, ont montré que le regroupement des instruments disponibles n'était pas le point central.

C'est avant tout au niveau de la conduite et de la gestion que le bât blesse, estime le ministre de justice et police Christoph Blocher.

Aucune procédure globale n'a été adoptée jusqu'ici pour les divers services fédéraux qui s'occupent de sécurité intérieure. Il n'y a pas non plus d'organe central capable d'assurer la coordination entre les parties concernées (ministères, Confédération, cantons, particuliers).

Une «solution simple»

Pour y remédier, le gouvernement propose d'instaurer un état-major supérieur de crise, subordonné à sa Délégation pour la sécurité.

Il s'agit d'une «solution simple», qui permettra une «nette amélioration» lors de coups durs inattendus, estime M. Blocher.

Cette entité s'emploiera à imaginer les menaces et scénarios possibles, à organiser des exercices d'état-major, à diriger un service permanent d'alarme et d'information et à assumer un rôle prépondérant en cas de crise.

Elle sera une sorte d'agent de liaison et d'avant-poste, selon le ministre de la défense Samuel Schmid.

Ses contours précis doivent encore être définis. Samuel Schmid, Christoph Blocher et la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey – les trois membres de la Délégation – devront analyser les lacunes actuelles et soumettre d'ici fin 2004 des propositions concrètes concernant ses tâches et le personnel à lui attribuer.

Samuel Schmid part toutefois de l'idée qu'on va se baser sur les structures existantes. Quant à la taille de cet état-major de crise, il peut imaginer qu'elle sera «très petite, avec peut-être une, deux ou trois personnes», mais extensible si nécessaire.

Parallèlement, la coordination et la fonction du renseignement devront être améliorées. De premières propositions sont aussi attendues d'ici la fin de l'année. L'idée de réunir les différents services de renseignements en un seul a été écartée par les deux ministres.

Pas de super-ministère



Conséquence de ces choix, le gouvernement renonce provisoirement à tout transfert de structures. La discussion sur le projet, cher à Samuel Schmid, mais contesté, de regrouper les forces militaires et policières dans un ministère de la sécurité sera reprise plus tard.

Cette discussion se fera sur la base des conclusions auxquelles arrivera le nouvel état-major de crise et des premières expériences d'une éventuelle participation suisse à l'espace de Schengen/Dublin.

«J'ai mis la question d'un Département de la sécurité sur la table, mais j'ai toujours dit qu'il y avait plusieurs possibilités pour résoudre le problème», note M. Schmid.

Bon accueil du monde politique



L'idée de créer un état-major supérieur de crise est plutôt bien accueillie par les partis gouvernementaux.

Seul le Parti démocrate-chrétien (PDC / centre-droit), qui avait inscrit dans son nouveau programme politique la création d’un ministère de la sécurité, regrette la décision du gouvernement.

Le gouvernement se garde ainsi de réexaminer les structures du ministère de la défense et d'entamer une réorganisation interne, estime la porte-parole des démocrates-chrétiens Béatrice Wertli.

Défavorable à la création d'un super-ministère, le PS est en revanche satisfait de l'abandon du projet «Une trop grande concentration de pouvoirs dans un même ministère est dangereuse et le mélange des genres entre sécurité civile et militaire est inadéquat», estime son porte-parole Jean-Philippe Jeannerat.

Pour l'Union démocratique du centre (UDC / droite dure), le ministère de la défense pourra désormais se concentrer sur les réformes en cours. Les dernières intempéries ont montré que le secteur de la sécurité manque de coordination, estime son porte-parole Roman Jäggi.

De l'avis du Parti radical-démocratique (PRD / droite) aussi, il est nécessaire de terminer les réformes en cours avant d'emmancher de nouveaux projets. D'autant plus que la coordination entre les autorités et les différents organes doit être renforcée, selon son porte-parole Christian Weber.

swissinfo et les agences

Faits

La réforme Armée XXI a provoqué une diminution des effectifs: de 350'000 soldats, on est passé à 140'000 soldats d'active et 80'000 réservistes.
Les effectifs de la protection civile sont descendu de 200'000 à 120'000 personnes.

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En bref

- Ces dernières années, l'armée suisse est au centre de plusieurs projets de réforme.
- Outre une diminution des effectifs, elle a connu des changements dans sa structures et dans ses objectifs.
- Autrefois exclusivement axée sur la défense du territoire, l'armée assume de plus en plus de mission de sécurité à l'occasion de grands événements.

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