Le plaidoyer de Pascal Couchepin avant Doha

Pascal Couchepin s'est exprimé devant les 700 participants du forum. Keystone

Lors d'un forum de l'OIT à Genève, le ministre suisse de l'Economie réaffirme les vertus du libéralisme. A la veille du sommet de l'OMC à Doha.

Ce contenu a été publié le 01 novembre 2001 - 18:49

«Le but de ce forum est de faire prendre conscience à l'ensemble de la communauté internationale de la nécessité d'opter en faveur d'une politique de l'emploi», souligne Pascal Couchepin.

Cette politique dépend de la croissance et donc de la poursuite de la libéralisation du commerce orchestrée par l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Selon le ministre suisse, ce credo est partagé par la grande majorité des participants au forum de l'Organisation internationale du travail (OIT) qui se tient à Genève jusqu'à samedi.

L'illusion du protectionnisme

«Ce forum est très important. On se réchauffe mutuellement. On s'encourage dans la conviction qu'il faut maintenir la libéralisation du commerce», insiste Pascal Couchepin qui souligne tout particulièrement l'importance du prochain sommet de l'OMC à Doha.

«En cas d'échec à Doha, certains pays du tiers monde seront tentés de croire à l'illusion du protectionnisme», avertit le ministre suisse de l'Economie.

Cette préoccupation était au centre de son discours devant les 700 participants du forum, dont plusieurs ministres (comme le danois Poul Rasmussen ou le chinois Zhang Zuoji), deux prix Nobel (Kofi Annan et Joseph Stiglitz), des patrons et des responsables syndicaux.

De fait, la réussite du sommet de Doha est d'autant plus importante que la croissance de l'économie mondiale faiblit. Un ralentissement accentué par les conséquences des attentats du 11 septembre.

24 millions d'emplois menacés

Or, comme l'a rappelé le patron de l'ONU Kofi Annan à l'ouverture du forum jeudi, les premières victimes de ce ralentissement seront les pays pauvres. L'OIT, elle, précise que 24 millions d'emplois pourraient disparaître dans le monde d'ici à la fin de l'année prochaine si rien n'est fait.

Tout en admettant un ralentissement de l'économie en Suisse, Pascal Couchepin se refuse, par contre, à envisager une récession, à savoir deux mois consécutifs de croissance négative: «Les économistes ne le prévoient pas».

Quant aux conséquences du 11 septembre, il est trop tôt pour en évaluer l'impact en Suisse, selon le ministre suisse de l'Economie. «La saison touristique de cet hiver sera le premier critère pour juger de cet impact», estime Pascal Couchepin.

Initiatives dans le tourisme

La Suisse a d'ailleurs déjà pris les devants par une série d'initiatives visant à attirer des touristes européens qui pourraient remplacer ceux qui ne viendront pas des Etats-Unis et d'Asie.

Egalement présent à Genève, Jean-Luc Nordmann, responsable du secteur emploi au Secrétariat d'Etat à l'économie, souligne que le secteur des assurances subit également les effets du 11 septembre: «Pour ce secteur, il s'agit avant tout d'un problème financier. Mais, selon nos informations, les réserves financières sont suffisantes pour y faire face».

Jean-Luc Nordmann ne manque pas non plus de citer le cas de Swissair. Mais c'est pour saluer l'accord conclu entre la Confédération et l'économie privée qui vise à relancer la compagnie nationale. Un exemple mentionné par Pascal Couchepin dans son discours de jeudi et censé démontrer la capacité de la Suisse à faire face à ses responsabilités politiques, économiques et sociales.

Frédéric Burnand, Genève

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