Le San Bernardino au bord de l'implosion

La surcharge du trafic compromet la sécurité du San Bernardino, qui a enregistré deux accidents en deux semaines. Keystone

Depuis l'accident du Gothard, le trafic a été multiplié par sept au San Bernardino. Les autorités grisonnes et tessinoises appellent la Suisse occidentale au secours.

Ce contenu a été publié le 31 octobre 2001 - 08:21

Jusqu'à la fermeture du tunnel, mercredi dernier, quelque 4500 camions empruntaient chaque jour le Gothard. Depuis, les chauffeurs de poids lourds cherchent un nouvel itinéraire vers l'Italie. Et c'est le San Bernardino qu'ils préfèrent.

Ce tunnel a en effet hérité de la quasi-totalité du trafic poids lourds en provenance du nord de la Suisse, mais aussi de l'Allemagne et de l'Autriche. «Aujourd'hui, la voie d'accès au tunnel du San Bernardino enregistre le passage de plus de 4000 camions par jour, affirme Pierino Zannin, porte-parole de la police grisonne. En temps normal, la moyenne annuelle n'est que de 600 poids lourds.»

Un chiffre qui fait frémir. En effet, cette hausse spectaculaire du trafic compromet la sécurité, non seulement dans le tunnel, mais aussi sur les axes routiers que les camions empruntent pour y accéder. Une situation d'autant plus critique que le San Bernardino n'est pas équipé de galerie de secours.

Réduire les risques

Au début de la semaine, le conseil d'Etat grison a décidé de monter aux barricades. En demandant au Conseil fédéral de limiter le trafic de transit des poids lourds, afin de réduire les risques d'accident.

«Nous comprenons parfaitement l'inquiétude des autorités grisonnes, dit Claudine Godat Saladin, porte-parole du département fédéral des transports (DETEC). Mais, d'un point de vu pratique, le contingentement du transit des camions est une mesure quasiment impossible à réaliser. Par ailleurs, la discrimination d'une partie du trafic n'est pas juridiquement défendable.»

Afin de soulager le San Bernardino, le Conseil fédéral va, toutefois, tenter de dévier le trafic vers le rail et vers les autres tunnels nord-sud. «La circulation de transit en provenance de Bâle via Berne sera déviée par le tunnel du Grand Saint-Bernard et par celui du Simplon, précise Claudine Godat Saladin. Et les cantons ont été invités à développer une signalisation appropriée.»

Le tunnel du San Bernardino devrait être réservé au trafic intérieur à destination du Tessin. L'objectif est d'y réduire le nombre de camions à 1500 par jour.

«De notre côté, explique le conseiller d'Etat grison en charge des transports, nous avons demandé aux autorités des pays limitrophes d'informer leurs camionneurs du nouvel itinéraire à suivre. Par ailleurs, afin d'améliorer la sécurité, ajoute Stefan Engler, nous allons mettre sur pied des mesures visant à ralentir le trafic.»

Situation critique au Simplon

Selon le DETEC, les tunnels du Grand Saint-Bernard et celui du Simplon sont tous deux en mesure d'absorber environ 1000 poids lourds supplémentaires par jour. «Il est vrai que nous avons encore de la marge, admet Raphy Fornaz, directeur d'exploitation du tunnel du Grand St-Bernard. Depuis l'accident du Gothard, nous n'avons enregistré une hausse que de 30 à 35% de notre trafic habituel.»

Du côté du Simplon, en revanche, le discours est alarmiste. «La moyenne annuelle du transit poids lourds avoisine les 200 véhicules par jour, déclare Jean-Marc Sidler, chef du centre d'entretien routier du Simplon. Aujourd'hui, nous enregistrons le passage de 400 à 500 camions par jour. La douane arrive à saturation. Il n'y a plus assez de place pour parquer les véhicules qui attendent de passer la frontière.»

La circulation des poids lourds sur l'axe nord-sud n'est donc pas réglée. Et de loin. D'autant que les conditions hivernales risquent encore d'aggraver la situation. «Lundi, nous avons dénombré quelque 450 camions au col du Gothard, explique Claudine Godat Saladin.»

Certes, les autres cols absorbent, eux aussi, une partie du trafic. Mais, dès les premières neiges, ces voies nord-sud seront condamnées.

Vanda Janka

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