Le secret bancaire écorné: la Suisse collaborerait avec ses voisins

Pour diminuer les pressions exercées par les Quinze, d'autres pays pourraient bénéficier de l'entraide déjà accordée aux Etats-Unis. Keystone

Kaspar Villiger, chef des Finances fédérales, ne cesse de répéter que le secret bancaire n´est pas négociable. Pourtant, il reconnaît que le fisc suisse pourrait collaborer avec ceux de ses voisins. Une entraide est déjà concédée aux Américains.

Ce contenu a été publié le 20 septembre 2000 - 11:54

Le secret bancaire suisse ne s'applique déjà plus pour les citoyens américains qui placent leurs économies dans la Confédération. En effet, en cas de soupçons de fraude fiscale, les autorités suisses doivent remettre les documents réclamés par les Etats-Unis.

Cet accord, signé en 1996, est passé inaperçu. En compensation, les grandes banques helvétiques ont le champ libre pour s'implanter sur le plus grand marché du monde, et racheter des établissements financiers américains.

Tout aussi discrètement, Kaspar Villiger a suggéré mardi devant les sénateurs qu'il serait possible, afin de diminuer les pressions exercées sur la Suisse par l'Union européenne, d'accorder à d'autres pays l'entraide administrative déjà concédée aux Etats-Unis. Le secret bancaire risque d'en prendre un sacré coup.

En clair, un agent du fisc allemand pourra téléphoner à son homologue de Genève ou de Zurich et lui demander de vérifier certains comptes alimentés avec de l'argent pas forcément déclaré aux impôts.

Cela n'empêche pas le ministre des Finances de répéter que «le secret bancaire ne doit pas être abandonné», mais que le Conseil fédéral est prêt à «trouver une solution constructive» avec l'Union européenne.

Par ailleurs, Kaspar Villiger sera à la fin de la semaine à Prague au sommet annuel du Fonds monétaire international (FMI) pour défendre la place financière helvétique.

Il refuse en effet que la Confédération soit considérée comme une vulgaire place offshore, comme les Bahamas ou le Liban, et donc soumise par les instances internationales à un examen «spécial» particulièrement humiliant.

Ian Hamel

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