Le trafic Nord-Sud sous pression

Au San Bernardino, un camion, un bus et une voiture sont entrés en collision jeudi, faisant un mort. Keystone

Au Gothard, le bilan officiel de 10 morts va s'alourdir. Le trafic transalpin, déjà très perturbé, a été sensiblement compliqué jeudi par un accident au San Bernardino.

Ce contenu a été publié le 25 octobre 2001 - 15:51

Les travaux de dégagement des véhicules impliqués dans l'accident du San Bernardino - un camion, un bus et une voiture - ont duré jusque dans l'après-midi. Cet accident a fait une victime.

Dans le même temps, au Gothard, le bilan officiel est toujours de dix morts, neuf hommes et une femme. La majorité est décédée par intoxication. Quatre ont été retrouvés dans leurs véhicules, les autres sur l'asphalte.

Mais ce sont probablement une vingtaine de personnes qui ont péri mercredi après la collision entre deux poids lourds. Plus de 300 personnes sont impliquées dans les opérations de secours.

Le feu brûle toujours

L'immense incendie n'est toujours pas éteint. La violence du feu et la chaleur empêchent les secours de s'approcher à moins de 150 mètres du foyer. De nouveaux pans de la voûte, qui s'est écroulée sur 250 mètres, risquent de tomber.

Jeudi matin, une équipe spécialisée a engagé un véhicule de refroidissement pour atteindre le foyer depuis le sud. De retour à Airolo, elle étudie en ce moment la suite des opérations pour l'extinction. D'autres secours tentent d'évacuer les corps par le nord du tunnel.

Les polices uranaise et tessinoise ont également reçu de nombreux appels de personnes inquiètes pour leurs proches. A mi-journée, la liste des disparus comptait 80 noms. Mercredi soir, elle en comptait 200. La police estime qu'au total, une vingtaine de véhicules pourraient se trouver dans la zone de l'accident.

Aucune identification n'a encore pu être faite. Un centre d'accueil pour les familles des victimes a été ouvert jeudi matin. Il se trouve au siège de la police routière de Camorino, près de Bellinzone. Un accueil psychologique a été mis en place.

Collision de deux camions

On en sait un peu plus sur les circonstances du drame. A 9 h 44 mercredi, un camion commence à zigzaguer, à environ un kilomètre de la sortie sud du tunnel long de 17 km. En face, un autre camion chargé de pneus, se dirigeant vers le Tessin, tente sans succès de l'éviter, racontera plus tard aux médias son chauffeur rescapé. C'est la collision.

Le feu prend en quelques secondes. Le chauffeur, indemne, réussit à quitter la cabine et à alerter d'autres automobilistes qui peuvent sortir du tunnel avant que l'incendie ne se développe davantage. Selon certains témoignages, les automobilistes ne paniquent pas et commencent à rebrousser chemin vers le nord.

Fumée dense, noire et nocive

Mais une explosion a lieu. Le feu se nourrit des pneus et s'étend sur plus de 300 mètres. La fumée est dense, noire et nocive. La voûte s'écroule sur une centaine de mètres après l'explosion et recouvre entre 15 et 20 voitures, selon les estimations.

Après la collision, la fumée s'est dirigée au nord en raison de forts coups de vent. Mais les galeries d'évacuation ont bien rempli leur rôle. Sans elles, le nombre de victimes aurait été bien plus important. Les secours uranais ont pu mettre 13 personnes à l'abri.

Intoxication

Côté tessinois, 28 personnes ont pu sortir du tunnel en voiture, 24 à pied. Plusieurs ont été légèrement intoxiquées et ont dû être hospitalisées. Un pompier se trouvait parmi elles.

Convoquant la presse à Berne, le président de la Confédération Moritz Leuenberger s'est dit très touché et a assuré que le gouvernement allait tirer les conséquences de cet accident. Mais le ministre des Transports a estimé que cette collision n'était pas comparable au drame du Mont-Blanc.

Les personnes n'ont pas été prises au piège par le feu, a-t-il dit. Beaucoup d'entre elles ont pu s'échapper par les issues de secours et la fumée a pu être aspirée par les ventilateurs.

Cet accident relance la polémique sur le doublement du tunnel, réclamé depuis des années par le lobby routier. D'autant plus qu'en cas de fermeture prolongée de la galerie, les déviations se révèleront difficiles à pratiquer.

Trafic perturbé

Le drame va entraîner la fermeture du tunnel «pendant plusieurs semaines», a déclaré au Téléjournal Michel Egger, directeur adjoint de l'Office fédéral des routes (OFROU). Le trafic transalpin s'en ressentira, notamment au tunnel de San Bernardino.

Le chaos est en train de gagner les routes suisses. A la douane de Chiasso, c'est la quasi-paralysie: l'entrée en Suisse a été fermée et un embouteillage ralentit fortement la sortie en direction de l'Italie.

swissinfo avec les agences

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