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Les alicaments ne remplacent pas une alimentation saine

Les alicaments ne remplacent en aucun cas une alimentation saine.

(Keystone)

L´alimentation fonctionnelle (alicaments) est-elle bénéfique pour la santé? Les auteurs d´une étude publiée jeudi restent circonspects. Des recherches doivent être plus pointues encore. Les associations de consommateurs mettent en garde l´utilisateur.

L'étude réalisée par le centre d'évaluation des choix technologiques (TA), lui-même rattaché au Conseil suisse de la science et de la technologie, soulève de nombreuses questions sur ces nouveaux produits appelés «aliments fonctionnels», ou encore «alicaments».

Les alicaments, ce sont ces denrées alimentaires comme les yoghourts «probiotiques», les céréales enrichies ou encore ces produits végétaux «anti-cholestérol». Tous ces produits n'ont qu'un objectif, selon leurs fabricants: vous rendre en meilleure santé.

«Les substances utilisées dans certains de ces produits ont certainement un effet positif sur la santé, explique Sergio Belluci. Mais pour le directeur du TA «ils ne remplacent en aucun cas une alimentation saine, et ne compensent pas les graves erreurs nutritionnelles».

«L'effet sur la santé a été étudié sur quelques produits, comme les yoghourts probiotiques, ajoute le directeur de TA. Les effets sur la flore stomacale sont évidents, mais personne ne peut dire, par exemple, combien il faudrait en manger, et sur quelle durée».

D'autres tests plus poussés doivent donc être encore menés sur des produits comme les céréales enrichies, ou des aliments «anti-cholestérol». Pour Sergio Belluci, il est en effet important qu'ils soient mieux présentés au public pour une meilleure information sur les effets bénéfiques sur la santé.

Autre constat de l'étude: la qualification de ce produit. Pour les chercheurs, ces aliments ne doivent pas être soumis à un régime spécial d'autorisation. Par contre, un ajout à l'ordonnance sur les denrées alimentaires devrait spécifier quelles sont les recommandations liées à la santé qui peuvent être utilisées dans le commerce de ces alicaments.

Cette idée ne déplait pas à Urs Klemm, vice directeur de l'Office fédéral de la santé publique. L'Office compte une section sur les aliments spéciaux qui se penche sur la problématique de ces nouvelles denrées. «Il faut informer la population sur la réalité des allégations émises par les fabricants de ces produits», explique Urs Klemm.

Mais face à la force de l'industrie alimentaire, la tâche ne sera pas facile. Les enjeux économiques liés à ce marché sont gigantesques. Il est actuellement évalué à 300 millions de francs. De plus, ces alicaments attirent le public et les jeunes.

Les conclusions de cette étude confortent la position et les idées de la Fédération Romande des Consommateurs (FRC). Celle-ci est très critique à l'égard de cette nouvelle forme d'alimentation.

«Nous constatons qu'il y a une nette exagération des arguments autour de ces produits», précise Françoise Michel, présidente de la FRC. «On donne l'impression au consommateur qu'il doit utiliser ce produit pour être en bonne santé», ajoute-t-elle. Ce marché, déjà bien implanté, doit donc être suivi avec attention, face à d'éventuelles dérives.

Ces produits ne sont pas mauvais, mais ne doivent en aucun cas être assimilés à de la pharmacie. «Si le public choisit de prendre des compléments, il doit le faire en connaissance de cause», conclut Françoise Michel. Mais, il ne faut jamais oublier qu'une alimentation saine, résout en général tous ces problèmes de carences».

Jean-Louis Thomas

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