Les assurés à nouveau sous haute pression

"Réalité toute pragmatique: les assurés vont devoir faire un nouvel effort" Keystone Archive

L'association des caisses maladie annonce une hausse des primes pour l'an prochain. Une augmentation de 5 à 10% avec des extrêmes jusqu'à 20%. Pour en avoir le coeur net, les assurés devront attendre l'annonce officielle de la Confédération, en octobre prochain.

Ce contenu a été publié le 28 août 2001 - 17:30

«On assiste chaque année au même cirque», lance d'emblée le conseiller national Stéphane Rossini (PS/VS). Et Christian Chevrolet, rédacteur en chef du journal «Bon à savoir», spécialisé dans la consommation, de surenchérir: «Les caisses annoncent toujours une hausse volumineuse, et font peur à tout le monde. Cette stratégie, développée depuis l'introduction de la Lamal, en 1996, devient agaçante.»

Puiser dans les réserves

Les chiffres avancés par l'association des caisses maladie, santésuisse, ne sont que des prévisions. Les caisses maladie avaient jusqu'à fin juillet pour faire connaître leurs intentions à l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS). Et les primes autorisées seront connues dans le courant du mois d'octobre.

Pour cette raison, d'ailleurs, le Département fédéral de l'Intérieur reste silencieux. Et son service de presse refuse de réagir avant la fixation définitive des primes.

Trop tôt pour réagir? Un fait semble certain: avec l'augmentation de l'espérance de la vie et les progrès de la médecine, les coûts de la santé ne cessent d'augmenter. Et les assurés devront passer à la caisse.

«Ces dernières années, l'OFAS nous a demandé de puiser dans nos réserves, mais nous ne pouvons plus jouer là-dessus, et il faudra un réajustement au niveau des primes», résume Nicole Bulliard, porte-parole de santésuisse.

L'automne s'annonce chaud

Christian Chevrolet réfute l'argumentation des assureurs: «ces réserves, ce sont des milliards de francs accumulés. C'est abusif.» Le journaliste, lui, préconise un système de réassurance. Ainsi qu'une révision du système de compensation des risques.

Un exemple qui montre que les positions, et les mesures préconisées, sont multiples. «De toutes parts, on cherche des solutions, mais chacun met la responsabilité sur les autres, et nous tournons en rond», confirme le radical bernois Pierre Triponez. Membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé (CSSS) du Conseil national, il s'était opposé à l'introduction d'une loi sur l'assurance maladie.

A ce sujet, l'automne s'annonce chaud. Au mois d'octobre, quelques jours après la publication des primes 2002, le Conseil des Etats va en effet se pencher sur la révision de la loi sur l'assurance maladie.

Egalement membre de la CSSS, Stéphane Rossini se demande d'ailleurs si les estimations des assureurs n'ont pas un lien avec ce contexte politique. «De tels propos augmentent le mécontentement, explique le politicien. Et valorisent la thèse d'une rupture avec le système actuel.» Les assureurs souhaiteraient notamment augmenter la concurrence entre médecins.

Plafonner les primes à 8% du revenu

Reste une réalité toute pragmatique: les assurés vont devoir faire un nouvel effort. Et cela alors même que leur revenu réel a déjà diminué. «On le constate statistiquement: les revenus n'ont pas suivi l'inflation», confirme Christian Chevrolet.

Le monde politique est conscient de ce problème. Alors qu'une Commission du Conseil des Etats propose de plafonner les primes à 8% du revenu des ménages, d'autres voix s'élèvent pour demander des primes proportionnelles aux revenus. Mais tout cela est de la musique d'avenir.

Caroline Zuercher

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