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Les candidatures «sauvages»

En 1993, Ruth Dreifuss (à gauche) avait été préférée à la candidate officielle du PS Christiane Brunner (à gauche).

(Keystone)

Les ministres Samuel Schmid, Ruth Dreifuss, Otto Stich, Willi Ritschard, Hans Hürlimann et Georges-André Chevallaz ont ceci en commun: ils n’étaient pas des candidats officiels.

Ces candidats «sauvages» ont été élus contre la volonté de leur parti.

L’histoire du gouvernement suisse montre que maints candidats officiels, victimes des manœuvres de coulisses des partis, n’ont finalement pas été élus. Ainsi, les candidats «sauvages» qui ont le plus de chances de l’être sont ceux qui n’ont qu’un «officiel» à affronter.

Une exception en 2000

Une fois seulement, en 2000, un candidat «sauvage» a réussi à l’emporter contre un double ticket. Il s’agit de Samuel Schmid, actuel ministre de la Défense et unique conseiller fédéral de l’Union démocratique du centre (UDC / droite dure).

Le groupe UDC avait alors présenté officiellement la présidente du gouvernement zurichois Rita Fuhrer et son homologue thurgovien Roland Eberle, pour succéder au sortant, le Bernois Adolf Ogi.

Pourtant, les deux candidats UDC n’ont pas été plus loin que le deuxième tour de scrutin. A la surprise générale, le concurrent le plus sérieux de Samuel Schmid s’est révélé être le député UDC argovien Ulrich Siegrist, que le Bernois n’a réussi à distancer qu’au sixième tour de scrutin et encore, grâce à l’appui des libéraux (PLS) et démocrates-chrétiens (PDC).

A l’issue du vote, Samuel Schmid a été qualifié d’«UDC atypique», en particulier par l’aile zurichoise du parti qui n’a jamais caché ses réticences à l’encontre du Bernois jugé trop modéré. Du reste, en parlant de lui, la direction du parti a toujours parlé de son «demi-conseiller fédéral».

«Conseiller fédéral d’une semaine»

L’élection de Ruth Dreifuss a été encore plus houleuse contre Christiane Brunner, candidate officielle et actuelle présidente du Parti socialiste (PS). Le 3 mars 1993, le député neuchâtelois Francis Matthey avait été élu, mais sans l’appui du PS, qui, lui, voulait une femme.

Sous la pression de son parti, le Neuchâtelois a fini par jeter l’éponge, cédant la place une semaine plus tard à la syndicaliste genevoise Ruth Dreifuss. Cette affaire a constitué le seul cas de renoncement du 20e siècle.

Non, merci

Il y a eu pourtant quatre cas au 19e siècle. Ainsi, en 1855, le conseiller national bâlois Jakob Stehlin a refusé son élection, arguant qu’il n’avait «ni les connaissances, ni l’expérience pour exercer cette fonction».

En 1875, deux élus se sont retirés successivement: le député Louis Ruchonnet le 10 décembre et, une semaine plus tard, le sénateur Charles Estoppey, tous deux du canton de Vaud.

En 1881, le sénateur saint-gallois Karl-Jakob Hofmann a été élu au Conseil fédéral. Il a pourtant renoncé «à cet honneur». Cette fois, Louis Ruchonnet a dit oui et est resté au gouvernement fédéral jusqu’à sa mort, en 1893.

Une première féminine manquée de peu

La non-élection de la zurichoise Lilian Uchtenhagen en 1983 est encore très présente dans les mémoires. La majorité bourgeoise de l’Assemblée fédérale d’alors avait préféré Otto Stich à la candidate officielle du PS. Une gifle pour la social-démocratie, qui avait souhaité «offrir» une première femme ministre à la Suisse.

En conséquence, le PS s’était demandé s’il fallait quitter le gouvernement lors d’une assemblée extraordinaire. Laquelle avait fini par refuser, par 773 voix contre 511.

Trois d’un coup

En 1973, trois candidats officiels ont même été recalés d’un coup. Arthur Schmid, Enrico Franzoni et Henri Schmit ont dû céder la place aux candidats «sauvages» Willi Ritschard (PS), Hans Hürlimann (PDC) et Georges-André Chevallaz (PRD), dont les noms sont restés célèbres.

En conséquence de l’augmentation des cas de non-élection de candidats officiels ces dernières années, les partis doivent présenter plus de candidats. L’Assemblée fédérale doit avoir du choix. Résultat: il faut de plus en plus de tours de scrutin pour départager les candidats.

Fait révélateur, le seul des sept membres de l’actuel gouvernement à avoir été élu au premier tour est le doyen Kaspar Villiger. Tous les autres ont eu besoin d’au moins quatre tours pour battre leur challenger.

swissinfo, Christian Raaflaub
(traduction: Isabelle Eichenberger)


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