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Les Jurassiens à la fête

Les autonomistes du Groupe Bélier étaient de la fête dimanche à Delémont.

(Keystone)

Plusieurs milliers de personnes ont participé ce week-end à la 59e Fête du peuple jurassien à Delémont.

Le Mouvement autonomiste jurassien s'est montré persuadé que la loi «Un seul Jura», votée en avril par le parlement cantonal, ouvre de nouvelles perspectives à une solution de la Question jurassienne.

C'est un Mouvement autonomiste jurassien (MAJ) triomphant qui a présidé la 59e Fête du peuple à Delémont. Son président Christian Vaquin a réaffirmé que c'était l'initiative du MAJ «Un seul Jura» qui a donné cet élan à la Question jurassienne.

«Des perspectives prometteuses se font d'ores et déjà jour», a-t-il estimé dimanche.

Le rôle du canton

Le Mouvement autonomiste jurassien veut donner à l'Assemblée interjurassienne (AIJ) une «chance» d'achever son étude sur la création d'un canton formé du Jura et du Jura bernois.

L'AIJ a entamé fin août son étude attendue sur la création d'un nouvel Etat, sur mandat des gouvernements bernois et jurassien ainsi que de la Confédération. Elle a deux ans pour mener à bien ses travaux, destinés à résoudre le conflit jurassien.

Une fois l'étude terminée, le Jura va formuler une offre de partage de souveraineté à l'intention du Jura bernois. Une démarche inscrite dans la loi «Un seul Jura», votée le 24 avril dernier apr le Parlement jurassien.

Mais le MAJ demande d'ores et déjà aux autorités et aux partis politiques jurassiens d'engager une campagne d'information auprès de la population. Pour le Mouvement autonomiste, la reconstitution de l'unité du Jura se fera en effet en amont par la société civile.

«Plan B» en cas d'échec

S'il souhaite le succès de cette étude sur un nouveau canton, le président du MAJ a évoqué dimanche un «plan B» en cas d'échec. «Il est possible qu'une telle étude fasse long feu ou que cette option soit refusée par le canton de Berne.» A ses yeux, cette situation incitera des communes du Jura bernois à demander leur rattachement au canton du Jura.

«L'échec des travaux de l'Assemblée sur l'entité à six districts provoquerait des demandes de rattachement, commune par commune», a ajouté M. Vaquin. Le canton Jura devrait affirmer sa disponibilité à les accueillir. Le maire de Moutier (Berne) Maxime Zuber avait déjà évoqué ce scénario à plusieurs reprises.

Christian Vaquin a indiqué que le MAJ allait suivre les travaux de l'AIJ, soulignant qu'il ne se priverait pas d'intervenir le cas échéant. Il a rappelé que des autonomistes siégeaient au sein de l'institution.

Cette situation pourrait créer certaines tensions, le président de l'AIJ Serge Sierro ayant insisté sur le caractère neutre de son mandat.

Question suisse

Quelle que soit l'issue de cette étude, le MAJ a souligné que la Question jurassienne restait une question suisse. Analyse partagée par Christophe Darbellay, qui a choisi cette 59e Fête du peuple jurassien pour sa première apparition publique en tant que nouveau président du Parti démocrate-chrétien suisse «pour montrer que le PDC s'intéresse à la question jurassienne».

Premier président d'un parti gouvernemental à être invité à cette fête traditionnelle, M. Darbellay a estimé que la Confédération avait un rôle central à jouer. Cité par «Le Matin dimanche», il a parlé des «perspectives nouvelles qui portent l'espoir d'une évolution dans le sens de la reconstitution de l'unité du Jura.»

swissinfo et les agences

Le Jura en quelques dates

1815: Le Congrès de Vienne attribue au canton de Berne l'ancien Evêché de Bâle, devenu République rauracienne en 1792 puis département français en 1793.

1951: Fondation du «Rassemblement jurassien» (RJ).

1974: Par plébiscite, le Jura dit «oui» à la création d'un nouveau canton. Mais l'éclatement de la région est inévitable: en 1975, les districts de Moutier, La Neuveville et Courtelary décideront de rester dans le canton de Berne. Laufon, qui opte pour Berne, se rattachera ensuite à Bâle-Campagne.

1978: Le peuple suisse et tous les cantons reconnaissent la République et Canton du Jura comme 23e canton. Il est constitué par les districts de Delémont, de l'Ajoie et des Franches-Montagnes.

1994: Un accord est passé entre les cantons du Jura et de Berne, qui vise à régler politiquement la Question jurassienne. Au centre de cet accord, la création d'une «Assemblée interjurassienne» (AIJ).

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