Les partisans du oui à l'ONU lancent leur campagne

La campagne a débuté jeudi, notamment avec Bruno Frick (PDC) et Christine Beerli (R). Keystone

Appuyés par un sondage qui leur est favorable, la plupart des parlementaires entrent ouvertement en campagne pour l'adhésion de la Suisse à l'ONU.

Ce contenu a été publié le 20 décembre 2001 - 18:14

En prévision du vote du 3 mars 2003, où les citoyens et les cantons devront se prononcer pour ou contre l'adhésion de la Suisse à l'ONU, un comité inter partis regroupant quelque 190 parlementaires fédéraux a décidé jeudi de donner le ton de la campagne pour le «oui».

Pour la grosse majorité de ces parlementaires qui ont décidé de faire front commun au-delà des positions partisanes, la Suisse a aujourd'hui tout à gagner d'une adhésion à l'ONU: elle pourra y défendre ses intérêts sans pour autant mettre en péril sa neutralité.

Neutralité: voilà le mot-clef qui va cristalliser les arguments d'une bataille politique qui ne prendra véritablement son envol qu'une fois passées les fêtes de fin d'année. Les agendas de janvier et février sont en train de se remplir d'une multitude de rendez-vous débats.

Les temps changent

Depuis 1986, année du refus populaire et massif de l'entrée aux Nations Unies, nombre de parlementaires - sans parler des têtes pensantes de l'économie - ont eu largement le temps de revoir leur copie. Les temps ont changé, disent-ils. Le monde est désormais multipolaire.

Jeudi, on aura même entendu le Bernois Hans Lauri - pourtant membre de l'Union Démocratique du Centre, farouchement opposée à l'adhésion - prôner le oui et défendre la thèse qu'à l'ONU la Suisse pourra continuer à ne pas prendre parti dans les conflits.

Une autre Bernoise, la radicale Christine Beerli, très engagée dans la campagne pour le oui, rappelait quant à elle qu'entrer à l'ONU implique certes des devoirs, mais confère aussi des droits. La Suisse devrait ainsi mieux faire valoir ses arguments et son influence.

Deux thunes par personne

En ce qui concerne l'argument financier et les coûts supplémentaires qu'engendrerait l'adhésion, les parlementaires rappellent certes que la facture annuelle à payer à l'ONU augmenterait d'un demi-milliard de francs environ, mais que cela ne représenterait somme toute qu'une dizaine de francs par habitant.

Bref, nous avons tout à y gagner, clament les députés. La socialiste genevoise Christiane Brunner pense même que, compte tenu de la globalisation du monde, l'ONU est sans doute la seule enceinte capable d'apporter les solutions dont la Suisse a besoin. On attend maintenant la réponse de la minorité de parlementaires qui ne partage pas cette vision.

Bernard Weissbrodt

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