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Les propriétaires de l'«Erika» se cachent toujours en Suisse

En décembre 1999, le naufrage du pétrolier maltais avait provoqué l'une des pires marées noires de l'histoire sur les côtes atlantiques françaises.

(Keystone Archive)

En janvier dernier, le quotidien français Le Parisien révélait que le propriétaire de l'«Erika», pétrolier qui a provoqué une marée noire en 1999, était un boucher de Zoug. Aujourd'hui, le journal découvre derrière ce prête-nom deux hommes d'affaires italiens.

Mauro Clemente et Alessendro Ducci, deux hommes d'affaires italiens, propriétaires des sociétés Amarship et Selmont International, seraient finalement les vrais patrons de l'Erika, a annoncé Le Parisien dans son édition de samedi, précisant que le juge tessinois Emmanuel Stauffer, agissant sur commission rogatoire adressée par le magistrat français Dominique de Talancé, a perquisitionné les locaux d'Amarship, société installée à Lugano.

Les soupçons s'étaient d'abord portés sur P.B., un boucher du canton de Zoug. L'homme, domicilié dans le village d'Hünenberg, était l'unique administrateur de la société Amarship. Mais la justice a reconnu qu'il n'en était pas le propriétaire, et n'avait joué aucun rôle dans la location de l'Erika. Récemment découverts, les deux propriétaires du bateau-poubelle ont été convoqués en France «en vue d'une mise en examen».

Les montages financiers, reconstitués par le quotidien parisien, montrent une cascade de sociétés-écrans. Si c'est Alessandro Ducci, l'un des directeurs d'Amarship, qui a donné «les ordres de route au navire», le prix du transport de la cargaison de pétrole a été encaissé sur un compte ouvert au nom de Selmont à Lugano. Selmont International, basée à Nassau, aux Bahamas, renvoie vers Morimor Trust, toujours dans le même archipel, une autre coquille vide.

Les deux propriétaires de l'«Erika» pourraient se voir présenter l'addition. Les dégâts de la marée noire sont estimés à 1,5 milliard de francs, hors coût écologique. Toutefois, on peut se demander pourquoi de grandes compagnies pétrolières comme Totalfina-Elf acceptent de travailler avec des sociétés aussi mystérieuses que peu sérieuses.

Ian Hamel

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