Les salaires inférieurs à 3000 francs une nouvelle fois au pilori

L’Unia et la FCTA dénoncent les salaires «scandaleusement bas» versés dans le commerce de détail et la restauration. Les deux syndicats demandent un salaire minimum de 3000 francs nets.

Ce contenu a été publié le 23 novembre 1999 - 16:35

L’Unia et la FCTA dénoncent les salaires «scandaleusement bas» versés dans le commerce de détail et la restauration. Les deux syndicats demandent un salaire minimum de 3000 francs nets.

En soi, la revendication n’a rien de nouveau. 3000 francs minimum, c’est, en effet, le salaire minimum exigé par l’Union syndicale suisse et la gauche. Plusieurs manifestations ont, d’ailleurs, déjà été organisées sur ce thème. En septembre dernier, 18 000 syndicalistes étaient venus manifester à Berne, sur un plan national, pour réclamer des hausses de 200 francs des salaires et des salaires minimums de 3000 francs nets.

Rien de plus normal non plus que le syndicat du secteur tertiaire (Unia) et celui des travailleurs du commerce, des transports et de l’alimentation (FCTA) dénoncent, aujourd’hui, le scandale des bas salaires. Les branches du commerce de détail et de l’hôtellerie/restauration sont parmi celles - agriculture exceptée - où les salaires sont les plus bas et les conditions de travail les moins bonnes. Une situation imputable, en partie, au faible degré d’organisation dans ces branches: 8 pour cent dans l’hôtellerie, 10 pour cent dans le commerce de détail.

L’étude commandée par les syndicats a permis, par ailleurs, de documenter un phénomène bien connu mais mal cerné: celui des discriminations frappant le personnel féminin dans ces branches. Ainsi, dans la vente, pratiquement la moitié des femmes ont un revenu inférieur à 3000 francs nets et un quart des vendeuses gagnent même moins de 2500 francs nets, ce qui est considéré le minimum vital pour une personne seule. Et même les femmes qualifiées ou comptant de nombreuses années de fidélité à l’entreprise continuent d’être dans les bas salaires. Les employeurs continuent de considérer que le salaire d’une femme n’est qu’un salaire d’appoint, constatent amèrement les syndicats, qui vont, ces prochains mois, sensibiliser l’opinion publique à ces inégalités et tenter de les corriger.

Pierre-André Tschanz

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