Les Socialistes refusent leur soutien à Suisse sans armée

Christiane Brunner, présidente du PS, en discussion avec le secrétaire Reto Gamma et le président de l'USS Paul Rechsteiner. Keystone

Réunis samedi à Fribourg, les délégués du Parti socialiste suisse se sont prononcés par 80 voix contre 71 pour la liberté de vote lors du scrutin du 2 décembre sur l'initiative du GSsA pour une Suisse sans armée. Ils ont également donné un signal fort contre la loi sur le marché de l'électricité.

Ce contenu a été publié le 06 octobre 2001 - 18:25

«Nous sommes le parti des réformes radicales et non de l'abolition de l'armée», a déclaré le conseiller national schaffhousois Hans-Jürg Fehr en défendant la liberté de vote. Selon lui, le Parti socialiste est le seul opposant crédible à Armée 21 et il serait dommage de gaspiller ce capital de sérieux.

Tête de file d'une forte minorité, la vice-présidente du PS Christine Goll s'est battue pour le «oui» à l'initiative pour une Suisse sans armée, comme le recommandait le comité directeur du parti. Plaidant dans le même sens, la conseillère nationale neuchâteloise Valérie Garbani a appelé au courage politique.

L'initiative du GSsA sur une Suisse sans armée et surtout la Loi sur le marché de l'électricité (LME) ont donné lieu à un débat passionné. Les délégués se sont prononcés par 123 voix contre 60 contre la Loi. Ils décideront ultérieurement d'un mot d'ordre en bonne et due forme.

Le comité directeur du PS ne voulait pas se prononcer sur la LME avant de débattre de l'ordonnance dont la procédure de consultation a commencé vendredi. Sous la pression de l'aile gauche, syndicale et romande, le débat sur un papier de position s'est finalement transformé en une bataille pour un quasi-mot d'ordre pour une votation pas encore agendée.

Bataille test

«Si nous ne menons pas cette bataille à quoi sert le PS», a dit le conseiller national jurassien Jean-Claude Rennwald. Selon lui, ne pas s'opposer à cette loi signifie que le PS renonce à se battre sur d'autres libéralisations, celles de l'eau, de la culture et de l'éducation, qui suivront.

«La LME sera un test pour d'autres dérégulations», lui a fait écho le conseiller national saint-Gallois Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse.

Les défenseurs de la LME n'ont pas eu la partie aisée. «La LME ne décide pas s'il y aura libéralisation ou pas, mais si celle-ci se fera avec des garde-fous ou à la mode du far-west», a dit le conseiller national bernois Rudolf Strahm.

A l'unanimité

Les 185 délégués ont aussi décidé des mots d'ordre de quatre autres objets soumis au vote le 2 décembre. Ces recommandations n'ont pas soulevé les passions et se sont faites à l'unanimité.

Le PS prône donc le «oui» à la seconde initiative du GSsA en faveur d'un service civil, le «non» pour le frein à l'endettement, le «oui» à l'initiative pour un impôt sur les gains en capital et le «oui» à l'initiative «pour garantir l'AVS - taxer l'énergie et non le travail».

Volée de bois vert

Dans son discours d'ouverture, la présidente du PS Christiane Brunner a rappelé le sens des attentats du 11 septembre aux Etats- Unis et les extrémités auxquelles «le désespoir de n'être rien et la rage de s'en venger» peuvent conduire certains.

Elle a par ailleurs asséné une véritable volée de bois vert aux banques et à la droite de style zurichois. Selon elle, la droite est dépassée par la libéralisation qu'elle a voulue et appliquée sans relâche depuis dix ans.

Au cours d'une table ronde, les délégués ont stigmatisé l'»hypocrisie» et la «mauvaise foi» du Conseil fédéral et des partis bourgeois face aux sans-papiers. Ils ont adopté à l'unanimité une résolution exigeant notamment l'adoption d'un moratoire sur les arrestations et les expulsions des sans-papiers.

swissinfo avec les agences

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