Les touristes japonais boudent la Suisse

Les charmes de la Suisse (ici, Berne) ne sont pas suffisants pour compenser la cherté du franc. Keystone

A cause d'un franc devenu trop cher face au yen, la Suisse intéresse de moins en moins les Japonais. Qui trouvent les pays de la zone euro irrésistibles.

Ce contenu a été publié le 15 avril 2002 - 20:35

Un handicap le franc? Oui, répondent les tour-opérateurs japonais qui fondent leur propos sur un constat: avant les attentats terroristes du 11 septembre, la Suisse s'achetait bien au Japon.

Les touristes nippons - surtout les plus âgés d'entre eux - ne lésinaient pas sur la dépense pour aller admirer les edelweiss dans les Alpes.

Accessible seulement aux riches retraités

Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. La Suisse doit se vendre. Et ce n'est pas facile.

Après onze années de récession, une forte hausse du chômage, et un yen dévalué, les Japonais ont réduit leurs dépenses. Avant le 11 septembre, disent les tour-opérateurs japonais, il ne fallait que 68.9 yens pour acheter un franc suisse. Or, aujourd'hui, il en faut 85.

«Seuls les riches retraités japonais ont donc encore les moyens de visiter la Suisse, confie un responsable de Miki Tourist, l'un des principaux tour-opérateurs nippons. La vendre aux jeunes Japonais est devenu impossible.»

Pour Japan Travel Bureau (JTB), le refus de la Suisse de se convertir à l'euro constitue un autre obstacle. Et, aujourd'hui, pour les touristes japonais, la destination européenne la plus populaire, c'est l'Italie.

«Parce que ce pays a adopté l'euro, note l'un de ses responsables de JTB. Et parce que la monnaie européenne s'est beaucoup moins apprécié que le franc face au yen.»

Zurich plus cher que Milan

Pour un tour-opérateur comme JTB, faire dormir une nuit à Milan un touriste japonais coûte 5000 yens (environ 75 francs). Et la même nuit à Zurich ou à Genève se négocie au minimum 6500 yens (environ 90 francs).

La différence est de taille. D'autant plus, lorsque vous envoyez des milliers de touristes en Europe.

Depuis la destruction du World Trade Center, les Japonais ont tendance à moins voyager. Et Golden Week - cette semaine dorée qui aligne plusieurs jours fériés consécutifs - ne fait pas exception à la règle.

Entre le 25 avril et le 5 mai, les Japonais seront moins nombreux à se rendre en Europe. Un baisse de 3% à 5%, selon certaines prévisions de JTB.

Plus embêtant, 30% de ceux qui feront le voyage envisageraient de diminuer leurs dépenses. «C'est une très mauvaise nouvelle pour les magasins de montres et les bijouteries de Lucerne et d'Interlaken», assure le même responsable de JTB.

swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo

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