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Lukas Mühlemann lâche une casquette

Lukas Mühlemann devra se concentrer sur la présidence de la direction du numéro deux bancaire helvétique. Keystone Archive

Lukas Mühlemann va lâcher la présidence du Credit Suisse. Il ne gardera que la direction du groupe, qui a plongé dans le rouge au 2e trimestre.

Ce contenu a été publié le 04 juillet 2002 - 08:41

Actuel patron du Credit Suisse Financial Services (CSFS), soit la division services financiers et assurances, englobant la Winterthur, Thomas Wellauer quittera pour sa part l'établissement à la fin septembre.

Il est remplacé avec effet immédiat par Oswald Grübel, patron de la division gestion de fortune (private banking) jusqu'en 2001, indique le Credit Suisse Group (CSG) mercredi dans un communiqué.

Selon ce dernier, le départ de M. Wellauer est une décision qui émane de son propre chef. Quant à M. Grübel, il a occupé diverses fonction dirigeantes au sein du CSG depuis 1970.

Environnement difficile

Le CSG explique en outre l'abandon de la double casquette de M. Mühlemann par «l'environnement difficile» qui exige «sa pleine attention en qualité de CEO». Un comité composé des administrateurs Daniel Vasella, patron de Novartis, Walter Kielholz, patron de Swiss Re et Marc-Henri Chaudet est chargé de trouver un nouveau président.

Ces décisions ont été prises lors d'un conseil d'administration qui a eu lieu mardi. Jusqu'à mercredi soir, la deuxième banque helvétique n'avait pas voulu divulguer quoi que soit sur la nouvelle qui avait filtré dans la presse dominicale alémanique.

Critiques

M. Mühlemann était sur la sellette depuis quelque temps et de nombreux observateurs le voyaient carrément sur un double siège éjectable. Son cumul des fonctions était de plus en plus critiqué et son image avait souffert de son implication dans le conseil d'administration de Swissair Group.

L'action CSG a perdu plus du tiers de sa valeur depuis le début de l'année. Mercredi, elle a encore reculé de 2,3 % à 45,45 francs dans un marché en nette baisse.

Dans le rouge

Outre ces chamboulements à son plus haut niveau, la banque affirme désormais «s'attendre à une légère perte d'exploitation» pour le second trimestre. «Une nouvelle détérioration prononcée des marchés des actions en juin a entraîné au second trimestre 2002 des réductions de valeur supplémentaires sur les placements dans le domaine de l'assurance par rapport à la valeur d'achat», explique-t-elle.

Ce phénomène a eu pour conséquence de créer des pertes substantielles dans la division assurance, «en dépit de résultats techniques de nouveau bons». Le CSG a par ailleurs dû procéder à de nouvelles réductions de valeurs sur la participation du groupe dans la Rentenanstalt/Swiss Life.

Perte nette semestrielle

Sur le semestre, le CSG s'attend désormais à une légère perte nette ou à un résultat tout juste équilibré. Au 1er trimestre, le groupe avait dégagé un bénéfice net de 368 millions de francs, en baisse de 73,7 % sur un an, mais nettement meilleur que la perte de 830 millions du dernier trimestre 2001.

Sur cette base, il apparaît donc que le CSG a subi une perte nette de quelque 350 millions de francs au moins au deuxième trimestre. L'établissement tient à rassurer dans son communiqué en affirmant que «tant le domaine de la banque que celui de l'assurance restent considérablement capitalisés».

Selon Jérôme Schupp, analyste à la Banque Syz & Co, interrogé sur des rumeurs de fusion entre le CSG et la Deutsche Bank avant que la nouvelle des changements au sommet ne tombe, «Lukas Mühlemann porte une responsabilité dans ce qui arrive, mais son éviction ne changerait pas grand chose».

swissinfo avec les agences

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