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«L’exemple jurassien peut nous inspirer pour résoudre la crise en Catalogne»

Ce contenu a été publié le 24 avril 2018 - 08:23
RTS avec swissinfo.ch
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Le ministre espagnol des Affaires étrangères Alfonso Dastis, en visite officielle en Suisse lundi, s’est exprimé sur la crise catalane. Le processus ayant mené à l'indépendance du canton du Jura peut constituer un exemple, selon lui. 

Interrogé en marge de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis, Alfonso Dastis a estimé que seule une consultation à l'échelle de l'Espagne entière permettrait de valider une éventuelle indépendance de la Catalogne. 

Le chef de la diplomatie espagnole était questionné pour le Radio Télévision Suisse (RTS) sur l'exemple du canton du Jura, dont l'indépendance avait été acquise dans les années 1970 au terme d'une succession de consultations régionales, puis nationale. «S’il y a un amendement de la Constitution qui nous permet d'appliquer quelque chose de similaire à ce qu’on a fait au Jura, je trouve qu’il y a un enseignement à en tirer», a-t-il commenté. «Je suis favorable à une décision de toute l’Espagne sur l’avenir du pays.» 


Asile politique en Suisse «injustifié» 

Alfonso Dastis s'est aussi exprimé sur la présence en Suisse des représentantes catalanes Marta Rovira et Anna Gabriel. Pour le ministre, rien ne peut justifier que la Suisse leur accorde l’asile politique car, a-t-il affirmé, «l'Espagne est un Etat de droit». 

Alfonso Dastis a précisé: «Je vois mal comment on peut donner raison à des gens qui ont entamé ces processus délirants de proclamation unilatérale d'une république et d'une sécession d'une partie de l'Espagne. Elles n'ont fait que dire des mensonges ou des demi-vérités.» 

Il a par ailleurs refusé de renouer le dialogue avec le leader séparatiste catalan Carles Puigdemont qui s'était exilé en Belgique l'automne dernier, avant d'être arrêté en Allemagne fin mars. «Nous avons offert à Monsieur Puigdemont et à ses partisans de venir au Parlement espagnol, ce qu'ils ont refusé.»

Le conflit jurassien en quelques dates-clé

1815: A la chute de Napoléon, le Congrès de Vienne attribue l'Evêché de Bâle au canton de Berne. L'ancienne principauté des princes-évêques comptait sept districts: Porrentruy, Delémont, les Franches-Montagnes, Moutier, Courtelary, La Neuveville et Laufon.

Dès les années 1950: Montée en puissance du mouvement séparatiste.

23 juin 1974: Premier plébiscite. La majorité accepte la création du canton du Jura. Mais seuls les districts de Delémont, Porrentruy et des Franches-Montagnes s'expriment en faveur d'une séparation. Ceux du Sud s'y opposent. Ils le confirmeront quelques mois plus tard.

24 septembre 1978: Le peuple suisse accepte par 82,3% de «oui» la création du nouveau canton constitué des districts de Delémont, de Porrentruy et des Franches-Montagnes.

1er janvier 1979: Le canton du Jura entre en souveraineté.

7 janvier 1993: Mort d’un militant séparatiste à Berne dans l’explosion de sa bombe artisanale.

25 mars 1994: Signature par les cantons du Jura et de Berne sous l'égide de la Confédération de l'accord instituant l'Assemblée interjurassienne (AIJ), institution de réconciliation.

Février 2012: Les gouvernements des cantons de Berne et du Jura signent une déclaration d’intention prévoyant l’organisation de deux votations populaires simultanées dans le canton du Jura et le Jura bernois.

24 novembre 2013: Les citoyens du Jura et du Jura bernois refusent de lancer un processus visant à réunir les deux régions dans un même canton.

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