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NLFA: les Uranais font de la résistance

Un symbole. Un inconnu a planté le chapeau rouge de Gessler, à Erstfeld.

(Keystone)

La colère n'a cessé de monter, ces dernières semaines, dans le petit canton d'Uri, en Suisse centrale. Motif: le tracé de la nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA). Les Uranais rejettent fermement l'option choisie pour traverser leur région et exigent une modification du projet.

Va-t-on rejouer Guillaume Tell, à Uri? Le chapeau rouge de Gessler est en tout cas apparu le week-end passé, planté sur une hampe à Erstfeld. Là où, d'ici 10 ou 15 ans, les trains devraient s'engouffrer dans un nouveau tunnel de base de 57 kilomètres, direction le sud des Alpes.

Un symbole donc, à travers lequel certains ont voulu marquer la volonté de résistance des Uranais. Résistance, en l'occurrence, à ce qui est perçu comme des décisions prises par une Berne fédérale bien lointaine. «Nous avons l'impression de ne pas être pris au sérieux», explique Markus Züst, le président de la commune d'Altdorf.

Et il ajoute: «Il n'y a jamais eu à Uri une telle unanimité qu'aujourd'hui, pour démontrer l'opposition à ce projet de NLFA. Nous avons clairement posé nos revendications et nous n'allons pas nous laisser forcer la main. Nous n'acceptons pas que le projet soit construit comme il est actuellement prévu.»

Le détonateur a été, ces derniers jours, le début de la mise à l'enquête, pour une durée d'un mois, du tracé de la nouvelle ligne ferroviaire entre Altdorf et Erstfeld. Un tronçon à l'air libre, menant directement à l'entrée du portail nord du tunnel. On s'attend à une avalanche d'oppositions.

Du coup, le président de la Confédération - et ministre des transports - Moritz Leuenberger s'est rendu sur place, mercredi, pour se rendre compte en personne de la situation.

Parmi les éléments contestés du projet, le franchissement de la Schächen, un affluent de la Reuss, jugé beaucoup trop haut. Les opposants demandent une traversée souterraine. Autre revendication: la mise en tunnel d'une partie substantielle du tronçon, baptisée variante «par la montagne».

Cette solution, pourtant écartée par le Conseil fédéral il y a un an, les Uranais ne veulent pas y renoncer. Markus Züst: «Une variante par la vallée découperait notre espace vital, notre espace économique. Elle le détruirait, pratiquement.»

Un consensus pourrait d'ailleurs encore être possible. Ainsi, le directeur de l'Office fédéral des transports, Max Friedli, vient de rappeler, dans une interview à la Neue Luzerner Zeitung, que la variante «par la montagne» n'était pas abandonnée, soulignant même qu'il restait «de la marge dans la procédure de planification actuelle.»

La Confédération semble donc prête au compromis. Un sentiment partagé par Markus Züst: «On remarque que lentement quelque chose se met en mouvement. Berne est visiblement prête à discuter. Nous voulons un dialogue, une solution commune, mais sans renoncer à notre résistance.»

Pierre Gobet, Zurich


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