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ONU La Palestine obtient le statut d’Etat observateur



Une manifestation palestinienne à Hebron en Cisjordanie, avant le vote de l'ONU

Une manifestation palestinienne à Hebron en Cisjordanie, avant le vote de l'ONU

(Keystone)

Le vote de l'Assemblée générale de l'ONU donne une nouvelle stature internationale aux Palestiniens. Comme Etat observateur, ils ont un meilleur accès aux agences onusiennes et aux traités internationaux. Cette victoire diplomatique expose l'Autorité palestinienne à des représailles financières américaines et israéliennes.

Un certificat de naissance. C’est ainsi que le président palestinien Mahmoud Abbas a qualifié - jeudi à New York-  le vote de la Suisse et de 137 autres Etats accordant à la Palestine le statut d'État observateur non-membre auprès de l'ONU.

Le président de l'Autorité palestinienne a rappelé au passage que ce jour marquait le 65ème anniversaire du vote par l'ONU d'une résolution en 1947 sur le partage de la Palestine mandataire entre un Etat juif et un Etat arabe, ce qui «est devenu l'acte de naissance d'Israël ».

Très applaudi, Mahmoud Abbas a estimé qu'il s'agissait de la «dernière chance de sauver la solution à deux Etats » (Israël et un Etat palestinien). Le président a promis de «tenter de ranimer les négociations » de paix avec Israël, sans toutefois prendre d'engagements précis. Et ce avant de marteler que «les Palestiniens n'accepteront rien de moins qu'un Etat de Palestine indépendant avec Jérusalem-est comme capitale, sur tout le territoire palestinien occupé en 1967, vivant en paix et en sécurité aux cotés de l'Etat d'Israël. »

Le mouvement islamiste palestinien Hamas s'est lui aussi félicité, par la bouche de Ahmed Youssef, un dirigeant du mouvement dans la bande de Gaza, de «cette nouvelle victoire sur le chemin de la libération de la Palestine. Le Hamas la considère comme un succès unitaire qui suscite la joie au sein de notre peuple. »

«Israël agira en conséquence»

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé que «la décision de l'ONU ne changera rien sur le terrain. Il n'y aura pas d'Etat palestinien sans arrangements garantissant la sécurité des citoyens d'Israël. En présentant leur demande à l'ONU, les Palestiniens ont violé leurs accords avec Israël, et Israël agira en conséquence.»

Parmi les mesures de rétorsion possibles, Israël pourrait bloquer les taxes qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne ou réduire le nombre de permis de travail pour les Palestiniens.

Le Congrès américain pourrait de son côté refuser de verser 200 millions de dollars d'aide promis aux Palestiniens. En compensation, la Ligue arabe a promis aux Palestiniens un "filet de sécurité" de 100 millions de dollars par mois.

Israéliens et Américains, qui ont voté contre la résolution comme 7 autres Etats, s'inquiètent de la possibilité qu'elle donne aux Palestiniens de poursuivre Israël devant la Cour pénale internationale, qui ne traite qu'avec les Etats.

Cette résolution «met davantage d'obstacles sur le chemin de la paix », a estimé Hillary Clinton, la cheffe de la diplomatie américaine. Elle a réaffirmé que la création d'un Etat palestinien ne pouvait résulter que de négociations directes avec Israël.

Des négociations que la Suisse appelle de ses vœux. «Nous croyons que l'octroi d'un statut Etat observateur à l'ONU à la Palestine ravivera le concept d'une solution à deux Etats », a déclaré l’ambassadeur Paul Seger.

En tant qu'Etat observateur, la Palestine n'acquiert pas seulement des droits mais aussi des obligations à respecter, selon l'ambassadeur. Ainsi un tel Etat n'a-t-il pas le droit de menacer de violence ou d'en user contre d'autres.

Paul Seger a également précisé que le vote suisse en faveur de la résolution ne signifie pas que Berne s'engage à reconnaître la Palestine en tant qu'Etat au niveau bilatéral. Cette décision dépend du déroulement de futures négociations de paix.

L’écho «énorme » du vote suisse

Intitulée « Statut de la Palestine à l’ONU », la résolution appelle à une reprise de ces négociations et évoque l'objectif d'un Etat de Palestine coexistant  «aux côtés d'Israël en paix et en sécurité, sur la base des frontières d'avant 1967. »

Dans les colonnes du quotidien suisse Le Temps, Elias Sanbar déclare sa conviction que les négociations de paix reprendront, mais sur des bases plus saines. Ambassadeur de Palestine auprès de l’Unesco -  depuis que cette organisation internationale a admis en octobre 2011 l’Etat de Palestine comme membre à part entière, Elias Sanbar fait le pronostic suivant : «Le défi persistera au-delà du vote. Peut-être même que les positions vont s’exacerber, mais il est important que nous ayons d’autres outils pour nous défendre. »

Dans l’entretien accordé au journal basé à Genève, Elias Sambar poursuit à propos du vote suisse : «Le fait qu’un pays qui a pour dogme fondamental sa neutralité ne s’abstienne pas montre à quel point la demande palestinienne est devenue évidente, et cette évidence est une force. La Suisse n’a qu’une voix mais un écho énorme, en raison de sa neutralité.»

Grâce à cette reconnaissance implicite d'un Etat souverain, les Palestiniens pourraient déposer une demande d'adhésion à la Cour pénale internationale et obtenir du même coup la possibilité d'engager des poursuites pour crimes de guerre contre des responsables israéliens.

Cette menace d'une guerre juridique a déjà dissuadé plusieurs responsables civils ou militaires israéliens de se rendre à l'étranger de peur d'être arrêtés pour des accusations de crimes de guerre.

Israël a averti qu'il ne tolérerait pas cette perspective. Certains commentateurs estiment cependant qu'il s'agit avant tout d'effets de manche dans un combat politique et médiatique.

La longue marche vers l'Etat palestinien

1947: L'Assemblée générale de l'ONU adopte la résolution 181 sur le partage de la Palestine et la création de deux Etats, l'un juif et l'autre arabe, Jérusalem ayant un statut international. Il est rejeté par les pays arabes.
 
1964: Création de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
 
1974: L'Assemblée générale de l'ONU reconnaît le droit des Palestiniens à l'autodétermination et à l'indépendance et accorde un statut d'observateur à l'OLP.
 
1988: Proclamation à Alger par l’OLP en exil d’un Etat palestinien indépendant. Plus d'une centaine d'Etats le reconnaissent.
 
1994:Suite aux accords d’Oslo, Yasser Arafat forme à Gaza l'Autorité palestinienne, dont il sera élu président en janvier 1996.
 
2002: Résolution 1397 du Conseil de sécurité mentionnant pour la première fois l'Etat palestinien.
 
2010: Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas expose lors d'une réunion arabe à Syrte (Libye) une série d'alternatives aux négociations de paix bloquées, parmi lesquelles la demande d'adhésion à l'ONU d'un Etat de Palestine sur les lignes de 1967.
 
26 juin 2011: Mahmoud Abbas annonce la décision de demander en septembre à l'ONU le statut de membre à part entière pour l'Etat de Palestine.
 

En octobre 2011, l’Unesco admet l’Etat de Palestine comme membre à part entière.

Le 29 novembre 2012, l’Assemblée générale de l’ONU accorde à la Palestine le statut d’État observateur non membre par 138 voix pour, 41 abstentions et 9 voix contre.

 
Source : AFP

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swissinfo.ch et les agences


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