Pas de chèque en blanc pour Jacques Chirac

Le résultat des élections françaises interpelle la presse suisse swissinfo.ch

La presse suisse se montre sceptique après la victoire de Jacques Chirac aux présidentielles françaises. Elle attend le résultat des législatives.

Ce contenu a été publié le 06 mai 2002 - 09:02

Dans son ensemble, la presse suisse se réjouit de l'échec de l'extrême droite. Elle exprime toutefois ses doutes quant à la faculté des partis du front républicain et du président en particulier à tirer les leçons du séisme politique du premier tour. Et pourtant, ils ont senti passer «le vent du boulet» écrit notamment la Presse Riviera/Chablais.

«Responsabilité écrasante»

«Pas de tapis rouge», estime encore le quotidien romand au sujet du score du candidat gaulliste. «La victoire de Jacques Chirac est d'une telle ampleur que, paradoxalement, elle ne signifie pas grand chose», relève pour sa part Le Matin.

Le président sortant se retrouve même dans «une position franchement acrobatique», selon l'éditorialiste des quotidiens neuchâtelois L'Impartial et L'Express.

Le Matin et la Tribune de Genève (TdG) évoquent une «responsabilité écrasante» pour Jacques Chirac. Soulignant que la proximité des législatives lui rend la tâche particulièrement malaisée.

Les triangulaires en question

«L'extrême droite peut jouer un rôle de nuisance considérable» lors de ces législatives, rappelle la Tribune de Genève. En cas de triangulaires, elle pourrait en effet faire le lit de la gauche.

Cette situation pourrait déboucher sur une nouvelle cohabitation. D'autant que la gauche, «échaudée, ne commettra pas les mêmes erreurs», commente le rédacteur de L'Impartial.

«Le pire serait désormais que la France renoue avec une cohabitation», estime également Le Temps. Ce journal estime par ailleurs que Jacques Chirac doit désormais démontrer qu'il est apte à traduire sa réélection en majorité parlementaire solide.

Le nouveau président doit également prouver qu'il est capable de mettre en oeuvre son action. «A cet égard, on est en droit de se montrer sceptique», souligne Le Matin.

Réinventer la France

Si Jean-Marie Le Pen est battu, ce n'est pas le cas de ses idées, rappelle Le Courrier. Certains des objectifs annoncés par le président sortant après sa victoire - à savoir un recul de l'insécurité et des impôts - sortent «tout droit du programme du Front National».

Selon le quotidien genevois, l'inconnue réside surtout dans les capacités de réaction de la gauche.

Pour le Nouvelliste, le plus probable est que l'on «continue, à droite comme à gauche, à replâtrer». Or, la mission qui attend les partis est d'importance: c'est rien de moins que la France «qu'il faut réinventer».

Des institutions en crise

La presse alémanique rejette le terme d'élection pour celui de «plébiscite» dans le Bund ou de «référendum» dans le Blick contre l'extrémisme de droite. Seules les législatives donneront des indications sur l'état réel des forces politiques, estime la Neue Zürcher Zeitung.

La fracture du 21 avril dernier reste ouverte. Tous les électeurs de Jean-Marie Le Pen ne sont pas fascistes, rappelle la Basler Zeitung. Ils reflètent l'existence de problèmes de société réels.

Les politiciens doivent «sérieusement prendre en compte la large insatisfaction des Français», indique le quotidien Argauer Zeitung.

Pour sa part, le «Bund» n'exclut pas une crise des institutions de la Ve République si le présidant n'obtient pas la majorité au parlement. En cas de cohabitation, il estime que la situation devrait amener les élites à réfléchir au renforcement du rôle du Premier ministre.

swissinfo avec les agences

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