Didier Burkhalter est le nouveau conseiller fédéral

Keystone

Réunies pour l'occasion, les Chambres fédérales ont élu mercredi Didier Burkhalter à la succession du ministre libéral-radical (PLR/ droite) Pascal Couchepin. Candidat officiel du PLR, il a passé au 4ème tour par 129 voix contre 106 voix au PDC Urs Schwaller.

Au cours d'une élection où le mot de concordance a été prononcé plus souvent que de coutume, les Chambres fédérales ont élu mercredi le sénateur neuchâtelois Didier Burkhalter. Le siège gouvernemental jusqu'ici occupé par le Valaisan Pascal Couchepin reste donc au main du même parti, le PLR.

Enjeu central de cette élection, la perte par les radicaux de leur fauteuil au profit du parti démocrate-chrétien (PDC/ centre droit) ne s'est finalement pas concrétisée. Historiquement, cela aurait constitué une gifle magistrale pour le PLR, qui détenait tous les postes gouvernementaux lors de la fondation de l'Etat fédéral en 1848.

Au cours des deux premiers tours, le démocrate-chrétien Urs Schwaller a pourtant mené la course. Obtenant 79 voix au premier, 89 au deuxième et 95 au troisième, le sénateur fribourgeois s'est lancé avec conviction dans la campagne pour regagner le siège PDC conquis en 2003 par l'Union démocratique du centre (UDC/ droite conservatrice).

Retrait de Marty et Lüscher

Avec l'élection de Didier Burkhalter, la composition culturelle du gouvernement reste inchangée (2 Romands et 5 Alémaniques). Là encore, le Parlement a privilégié le statu quo, alors que la candidature d'Urs Schwaller, bilingue mais de langue maternelle allemande, aurait remis la donne en question.

Candidat sauvage, le sénateur tessinois PLR Dick Marty a tenu à porter les couleurs de son canton lors de cette élection, pour «susciter la réflexion sur l'importance d'une vraie représentativité au sein du Conseil fédéral.» Mais, malgré les 34 voix récoltées au premier tour, il s'est retiré et a ensuite appelé le Parlement à voter pour «les candidats officiels.»

Quant au député libéral genevois Christian Lüscher, il s'est retiré de la course après le 3ème tour et est monté à la tribune pour appeler à voter pour Didier Burkhalter. «Il a l'étoffe d'un conseiller fédéral», a-t-il déclaré.

Hommage au sortant

En tout début de séance, la présidente de la Chambre basse Chiara Simoneschi a rendu hommage en italien au ministre démissionnaire Pascal Couchepin. Revenant sur ses onze ans au gouvernement, la Tessinoise a salué son esprit libre, son «parler vrai», son courage politique, son action en faveur du bien commun et son profond respect des institutions.

De son côté, le Valaisan, qui avait succédé au conseiller fédéral vaudois Jean-Pascal Delamuraz le 4 avril 1998, a souligné dans son discours d'adieu au Parlement l'importance du compromis, du respect des minorités et de la confiance.

«La Suisse est forte parce qu'elle est consciente de ses faiblesses potentielles. La Suisse est forte parce que tous savent qu'on ne joue pas avec certains équilibres fondamentaux», a insisté le conseiller fédéral démissionnaire, faisant allusion à l'un des enjeux centraux de l'élection.

Réactions des partis

Dès que le nom du nouveau conseiller fédéral a été connu, les partis ont réagi, interprétant chacun à leur manière le résultat. Pour le président de l'UDC Toni Brunner, son parti a sauvé la concordance en votant Burkhalter. A ses yeux, «en soutenant Urs Schwaller, le PDC et la majorité du PS ont foulé ce principe aux pieds.»

«Il faut que ces deux partis se souviennent de leur comportement pour les prochaines élections au Conseil fédéral», a menacé le député saint-gallois sur les ondes de la radio alémanique DRS.

Pour sa part, le président du PLR Fulvio Pelli a affirmé que les discussions avec l'UDC n'avaient pas été simples. «Mais cela a valu la peine de leur faire confiance», a-t-il indiqué devant les caméras de la télévision alémanique. «L'élection de Didier Burkhalter constitue un choix de concordance et de stabilité», a-t-il ajouté.

Du côté du PDC, Urs Schwaller a indiqué que son parti s'est «bien battu» et qu'il sort «renforcé» de cette élection. Le député vaudois Jacques Neyrinck s'est montré plus offensif. «Nous estimons que tout siège libéré au Conseil fédéral à partir de maintenant doit avoir un candidat PDC», a-t-il souligné.

Egalement interrogé par la TV alémanique, le président du PS Christian Levrat s'est dit lui préoccupé par le fait que le Neuchâtelois ne soit pas un expert en politique de la santé. Il espère donc que le nouveau conseiller fédéral sera vite dans le bain, dans le cas où il hériterait du ministère de son prédécesseur, celui de l'Intérieur.

«L'Assemblée fédérale a préféré voter pour la concordance, elle ne s'est pas prononcée pour une personnalité», a ajouté Christian Levrat.

swissinfo.ch et les agences

Les résutlats

1er tour: majorité absolue: 123 voix.

Urs Schwaller (79 voix), Christian Lüscher (73), Didier Burkhalter (58), Dick Marty (34), divers (1).

2e tour: majorité absolue: 123 voix

Urs Schwaller (89 voix), Christian Lüscher (72), Didier Burkhalter (72), Dick Marty (12).

3e tour: majorité absolue: 122 voix

Urs Schwaller (95 voix), Didier Burkhalter (80), Christian Lüscher (63), Dick Marty (5).

4e tour: majorité absolue: 120 voix

Didier Burkhalter (129), Urs Schwaller (106 voix).

End of insertion

Contexte

Pascal Couchepin, ministre de l'Intérieur, a annoncé le 12 juin dernier sa démission du gouvernement.

Lorsqu'un ministre démissionne en cours de législature, son parti propose un ou plusieurs candidats pour le remplacer. En règle générale, l'Assemblée fédérale choisit un candidat officiel, mais elle peut aussi faire un autre choix.

Entre 1959 et 2003, le gouvernement suisse a été élu conformément à la fameuse «formule magique»: 2 socialistes (PS), 2 libéraux-radicaux (PLR), 2 démocrates-chrétiens (PDC) et 1 démocrate du centre (UDC).

En 2003, l'UDC est parvenue à arracher un second siège au PDC, mais la non-réélection de Christoph Blocher en 2007 a déchiré le parti et a incité sa remplaçante Eveline Widmer-Schlumpf à rejoindre une nouvelle formation, le parti bourgeois-démocratique (PBD).

A noter que le socialiste Moritz Leuenberger et le radical Hans-Rudolf Merz pourraient eux aussi annoncer leur démission avant la fin de la législature en 2011.

End of insertion
swissinfo.ch

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article