Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

L’avion du président polonais s’écrase en Russie

Aucun survivant dans le crash de l’avion qui transportait Lech Kaczynski.

(Keystone)

96 personnes ont été tuées dans l'accident de l'avion transportant le président polonais Lech Kaczynski samedi dans l'ouest de la Russie. Le chef de l'Etat et son épouse figurent parmi les victimes. Une erreur du pilote pourrait être à l'origine de la catastrophe.

Le gouverneur de la région Sergueï Antoufiev a indiqué qu'il n'y avait pas de survivant. En s'approchant de la piste d'atterrissage, le Tupolev 154 présidentiel «s'est accroché à des arbres, est tombé et s'est brisé en morceaux», a-t-il dit.

Outre M. Kaczynski et son épouse, de nombreux hauts responsables polonais se trouvaient dans l'appareil, dont le chef de l'état-major, le vice-ministre des Affaires étrangères Andrzej Kremer et le président de la banque centrale, Slavomir Skrzypek.

Fort brouillard

L'accident s'est produit à l'extrémité de la ville de Pechersk, à proximité de l'aéroport de Smolensk «dans une situation de fort brouillard», a précisé un responsable du département d'enquête du parquet, Vladimir Markin.

«Il apparaît qu'une erreur de l'équipage au moment des manœuvres d'approche pour l'atterrissage est à l'origine de la catastrophe», a indiqué l’agence RIA Novosti, citant une source au sein des forces de l'ordre russes.

L'agence Interfax a pour sa part rapporté que les autorités russes proposaient à l'équipage polonais d'atterrir à Minsk ou à Moscou en raison du brouillard, mais le pilote a décidé d'atterrir près de Smolensk. L'avion s'est écrasé lors de la quatrième tentative d'atterrissage, selon Interfax.

Le président russe Dmitri Medvedev, «immédiatement informé» du crash, a dépêché le ministre des Situations d'urgence Sergueï Choïgou sur les lieux du drame, indique le service de presse du Kremlin. Le gouvernement polonais doit pour sa part tenir une réunion extraordinaire dans la journée.

Souvenir

M. Kaczynski était également accompagné par les familles d'officiers polonais exécutés il y a 70 ans par la police politique de Staline. Ils devaient se recueillir sur leurs tombes dans la forêt de Katyn, une localité près de la frontière biélorusse.

Mercredi, le Premier ministre russe Vladimir Poutine avait accueilli son homologue polonais Donald Tusk à Katyn, à l'occasion d'une cérémonie d'hommage aux 22’000 Polonais tués en 1940.

Vladimir Poutine avait condamné «le crime injustifiable» «du régime totalitaire en Russie» tout en ajoutant que «c'est un mensonge que d'imputer ces crimes au peuple russe» tout entier.

Elu en 2005

Le président polonais, âge de 60 ans, était un juriste conservateur et profondément catholique. Avec son frère jumeau Jaroslaw, il avait fondé le parti Droit et Justice (PiS) et gouverné la Pologne durant 16 mois, Lech comme président, Jaroslaw comme premier ministre.

Lors de sa victoire électorale de 2005, Lech Kaczynski expliquait que son frère, son aîné de 45 minutes, l'avait «toujours poussé en avant». Jaroslaw avait ainsi renoncé en novembre 2008 au poste de premier ministre, mais il avait gardé celui, très influent, de président du parti.

Lech et Jaroslaw ont fait un parcours professionnel et politique quasi similaire, commencé à l'âge de douze ans quand ils ont interprété des jumeaux dans un film pour enfants. Son engagement contre le communisme au pouvoir avait valu à Lech d'être interné avec des milliers de militants de Solidarité, premier syndicat libre du monde communiste, lors de l'imposition de la loi martiale, le 13 décembre 1981.

Relâché au bout de onze mois, il était devenu, avec son frère, très proche collaborateur de Lech Walesa, chef historique du syndicat et futur président de la Pologne post-communiste, avant de se brouiller avec lui au début des années 1990.

«Sur le plan politique, on a les mêmes opinions. Elles sont nées du patriotisme que nos parents, membres de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, nous ont transmis», avait confié Lech Kaczynski.

L'épouse de Lech Kaczynski, Maria, était économiste. Le couple avait une fille, Marta, et deux petites-filles.

Nouvelles élections

M. Kaczynski avait affiché son intention de briguer un second mandat à l'occasion de la présidentielle prévue initialement cet automne.

Ce scrutin devait l'opposer au président du Parlement Bronislaw Komorowski, candidat de la Plate-forme Civique, le parti de M. Tusk. Ironie de l’histoire, c’est M. Komorowski qui va maintenant assumer les fonctions présidentielles à titre intérimaire jusqu'à l'organisation de nouvelles élections, en principe dans les deux mois.

swissinfo.ch et les agences

Les condoléances affluent

La catastrophe aérienne a suscité une vive émotion et une cascade de réactions à travers le monde. En Pologne, un deuil national d'une semaine a été décrété.

Suisse. S'exprimant au nom du Gouvernement et du peuple suisse, la présidente de la Confédération Doris Leuthard a souhaité «beaucoup de force et de courage» au peuple polonais.
De son côté, la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a s’est dite «profondément attristée par la perte que le peuple polonais vient de subir». «Mes pensées vont aussi aux familles et aux proches de tous ceux qui ont perdu la vie en même temps que le chef de l'Etat», a-t-elle ajouté.

Russie. Le Kremlin a transmis ses «plus sincères condoléances au peuple polonais» ainsi qu'aux familles et proches des victimes.

Union européenne. Par la voix de sa présidence tournante assurée par l'Espagne, elle a exprimé sa «solidarité avec la population et la nation polonaise».

Allemagne. La chancelière Angela Merkel s'est déclarée «profondément consternée».

Grande Bretagne. Le Premier ministre Gordon Brown s'est dit «choqué et affligé» par la mort du président Kaczynski et de son épouse Maria.

France. Le président Nicolas Sarkozy a exprimé sa «très grande émotion» et sa «profonde tristesse».

Italie. La mort du président polonais représente «un grave deuil», a déclaré le chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

Espagne. Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a transmis «à tout le gouvernement de Pologne et à ses institutions sa solidarité face à la perte irréparable de la figure du président».

République tchèque. Le président Vaclav Klaus a déploré une «immense perte».

Suède. Le Premier ministre Fredrik Reinfeldt a exprimé sa «consternation».

Bulgarie. Le Premier ministre Boïko Borossov a déclaré que la Bulgarie «partage le deuil de la Pologne, pays ami».

Israël. Le Gouvernement a présenté ses condoléances au peuple polonais après «la mort tragique» du président Kaczynski, considéré comme «un ami» d'Israël.

Etats-Unis. Le président Barack Obama a salué «un homme d'Etat qui a joué un rôle-clé dans le mouvement Solidarité, et qui était très admiré aux Etats-Unis en tant que dirigeant dévoué à la liberté et la dignité de l'être humain».

Fin de l'infobox


Liens

Neuer Inhalt

Horizontal Line


Rejoignez notre page Facebook en français!

subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.