La Chine ne veut pas des Ouïgours en Suisse

Pékin demande à Berne de ne pas accueillir des ex-détenus ouïgours de Guantanamo. Les relations entre les deux pays pourraient être mises à mal, menace l'ambassade de Chine en Suisse.

Ce contenu a été publié le 07 janvier 2010 - 17:03

C’est le quotidien Le Matin qui révèle l’affaire: dans une lettre adressée le 18 décembre aux autorités helvétiques, et dont l’ambassade de Chine confirme jeudi la teneur, la Chine dit espérer que la Suisse, «en partant de l'intérêt général des relations d'amitié sino-suisses et de la sécurité des peuples de nos deux pays […] pourra refuser de façon claire et nette la réception de ces personnes».

La Suisse étudie actuellement le possible transfert sur son territoire de deux frères ouïgours détenus à Guantanamo. Ils pourraient être placés dans le canton du Jura, qui, à l'instar de Genève, s'est déclaré favorable à l'accueil d'ex-prisonniers.

En attendant, la ministre de Justice et Police Eveline Widmer-Schlumpf a répondu à l'ambassade de Chine en lui rappelant que pour l'heure, le Gouvernement n'a décidé que de l'accueil humanitaire d'un détenu originaire d'Ouzbékistan.

Mais pour la Chine, il est exclu que des «terroristes présumés de nationalité chinoise» soient accueillis en Suisse ou dans un pays tiers. «Quelles que soient leurs ethnies, ils doivent être rapatriés en Chine», écrit l'ambassade à Berne.

A la question de savoir si la pression chinoise aura une influence sur la décision suisse, Guido Balmer, porte-parole de Mme Widmer-Schlumpf, souligne que «le Gouvernement n'a pas attendu cette lettre pour être conscient de l'aspect international de la question» et que «tous les éléments seront pris en compte».

swissinfo.ch et les agences

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