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Le CICR «profondément inquiet» pour les détenus au Myanmar

Des soldats birmans dans les rues Rangoon le mois dernier.

(Keystone)

Le Comité international de la Croix-Rouge a fait part mardi de sa profonde inquiétude quant au sort des milliers de personnes arrêtées durant les récentes contestations en Birmanie.

Le CICR a également annoncé qu'il souhaitait avoir accès aux détenus mais qu'il a été, jusqu'ici, dans l'impossibilité de rétablir un dialogue significatif avec les généraux birmans.

Sur le site internet de l'organisation humanitaire basée à Genève, le directeur des opérations Pierre Krähenbühl affirme que les efforts vont se poursuivre afin de restaurer un dialogue «significatif» avec les autorités du pays au sujet de la situation actuelle et des violations des droits humanitaires déjà dénoncées par le CICR.

Lors des récentes manifestations pro-démocratiques emmenées par les moines bouddhistes, au moins dix personnes ont été tuées et des milliers d'autres ont été arrêtées.

Diverses sources font état d'une répression encore vive, de descentes de polices dans les maisons, d'interpellations d'activistes, d'interrogatoires et d'actes d'intimidation.

«Le CICR est profondément inquiet du sort des milliers de personnes qui auraient été arrêtées en relation avec les événements récents survenus en Birmanie», écrit Pierre Krähenbühl dans son communiqué.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) affirme également qu'il souhaite avoir accès aux détenus afin d'évaluer leurs conditions de traitement et leur permettre d'entrer en contact avec leurs proches.

Des dizaines de familles birmanes ont en effet contacté le CICR depuis le début de la répression. «Nous regrettons que nos efforts n'aient pas encore produit de résultat tangible mais nous restons déterminés à les poursuivre», dit encore Pierre Krähenbühl.

Des critiques précoces

Dans une prise de position plutôt rare, le CICR avait déjà accusé à la fin du mois de juin dernier la junte birmane de violations sérieuses de droit international humanitaire concernant des civils et des prisonniers et avait invité le gouvernement à prendre des mesures.

Le CICR ajoutait alors qu'il était dans l'impossibilité de rendre visite à près de 1100 prisonniers politiques. La junte a en effet limité en décembre 2005 les activités du CICR en Birmanie.

La junte accuse pour sa part le CICR d'entretenir des relations secrètes avec une guérilla avide d'indépendance et d'autonomie.

Prises de positions internationales

Mardi, l'émissaire de l'ONU pour la Birmanie Ibrahim Gambari a exhorté les pays asiatiques à prendre le premier rôle pour tenter de résoudre la crise en Birmanie et le Japon a décidé d'annuler une aide de plusieurs millions de dollars en signe de protestation.

Le gouvernement japonais avait déjà déclaré qu'il suspendrait une partie de son aide à la Birmanie en réponse à la mort de Kenji Nagai, ce journaliste nippon tué par les soldats de la junte durant les manifestations.

Lundi, l'Union européenne a approuvé le principe de nouvelles sanctions contre la Birmanie, incluant un embargo sur les bois et métaux birmans. De leur côté, les Nations unies ont appelé à des actions «conséquentes» contre les dirigeants de la junte.

Récemment, l'ambassadeur suisse auprès de l'ONU à Genève Blaise Godet a exigé la libération immédiate de tous les manifestants pacifiques, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques.

Il s'exprimait devant le Conseil des droits de l'homme qui avait condamné la violente répression des manifestations.

swissinfo et les agences

En bref

Ancienne colonie britannique, la Birmanie (officiellement l'Union du Myanmar depuis 1989) obtient son indépendance en 1948. En 1962, un coup d'état conduit par le général Ne Win met un terme aux velléités démocratiques du jeune gouvernement.

Depuis 45 ans, la Birmanie vit sous le joug de la dictature militaire. La suppression des partis politiques, la nationalisation de l'économie et une dure répression de toute forme de liberté isolent le pays du reste du monde.

Après l'annonce subite d'une augmentation très significative du prix des carburants à la mi-août 2007, les Birmans sont descendus dans la rue pour manifester leur mécontentement. Le mouvement a été emmené par les moines.

Malgré les appels répétés de la communauté internationale, les manifestations ont été réprimées par la force et dans le sang par la junte militaire au pouvoir. Un nombre inconnu de manifestants ont été arrêtés. Selon l'ONU, la junte militaire retient plus de 1100 prisonniers politiques.

Aung San Suu Kyi, figure charismatique de l'opposition et Prix Nobel de la paix qui a vécu 12 des dernières 18 années assignée à résidence. Le CICR ne peut plus lui rendre visite depuis septembre 2003.

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Suisse et Myanmar

Le Ministère suisse des affaires étrangères (DFAE) conseille à ses citoyens de renoncer à se rendre au Myanmar. Si le voyage est inévitable, les personnes concernées sont tenues de s'informer de la situation par l'intermédiaire des médias et de se conformer aux instructions des autorités locales.

Le DFAE demande également aux citoyens suisses de se tenir à l'écart de toute manifestation de rue.

Une cinquantaine de Suisses résident aujourd'hui au Myanmar. Le DFAE est en contact permanent avec la communauté helvétique en Birmanie.

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