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Une pandémie mondiale nécessite une réponse internationale

Alors que l’Organisation des Nations unies célèbre ses 75 ans, la pandémie de Covid-19 constitue un moment crucial pour le système international, écrit le politologue Daniel Warner.

Ce contenu a été publié le 18 mars 2020 - 10:54
Daniel Warner, politologue américain basé à Genève

La troisième loi de Newton stipule que pour chaque action, il y a une réaction. Alors que de nombreuses lois du physicien anglais du 17e siècle ont été remplacées par la science moderne, sa troisième loi a des implications importantes pour l'épidémie de coronavirus d'aujourd'hui. Nous savons que le virus existe. L'Organisation mondiale de la santé (OMSLien externe) a fini par le qualifier de pandémie mondiale. Mais quelles réactions suscite cette situation d’urgence sanitaire?

«A une époque de privatisation et de scepticisme à l’égard des gouvernements, aucune entreprise privée ne s'est présentée pour prendre la place des gouvernements»

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Sur le plan personnel, on nous dit de nous laver fréquemment les mains et d'éviter les grands rassemblements, les poignées de mains et les baisers. Les personnes âgées et celles qui ont des problèmes de santé chroniques doivent être particulièrement prudentes.

Mais au-delà, quelle a été la réaction générale à la pandémie? Il convient tout d'abord de noter que tous les regards se sont tournés vers les pouvoirs publics. Nous sommes dépendants de leurs décisions. Ils peuvent fermer les écoles, les frontières et interdire les vols intercontinentaux comme ils le souhaitent. Nous, les citoyens, n'avons rien à dire en la matière. Même dans les démocraties, il n'y a pas de vote sur la façon de réagir à une crise sanitaire. (Lors d’une crise financière, le parlement peut intervenir face aux décisions du gouvernement).  

De plus, à une époque de privatisation et de scepticisme à l’égard des gouvernements, aucune entreprise privée ne s'est présentée pour prendre la place des gouvernements. Il peut y avoir des partenariats public-privé pour la fabrication de kits de test, mais ce sont les gouvernements qui en sont responsables. Les pouvoirs publics sont l'autorité reconnue pendant la crise.

Mais quelle autorité au juste? Les systèmes fédéralistes, comme la Suisse, conjuguent pouvoirs locaux, régionaux et nationaux. Mais c'est le niveau national qui a la plus haute autorité en cas d'urgence. Aucun maire ou gouverneur d'État, par exemple, ne peut renverser la décision du président Trump concernant l’interdiction d'entrée des Européens aux États-Unis. Cela fait partie de ses prérogatives.

Et à l’international, qu'en est-il? Comme l'a dit le président français Emmanuel Macron dans son discours à la nation, le virus ne connaît pas de frontières; il n'a pas besoin de passeport ou de visa pour entrer dans un pays. Macron a reconnu qu'il fallait une réponse coordonnée à la pandémie au-delà des frontières.

Alors pourquoi n'y a-t-il pas eu de réunion internationale pour coordonner les réponses, à part une timide réunion du G7? L'OMS a joué un rôle important dans la description du phénomène. Elle est devenue la source reconnue d'informations internationales. Ce n'est pas mal si l'on considère que l'autorité d'autres agences des Nations unies est remise en question. Organisation interétatique, non pas supranationale, l'OMS n'a que peu de pouvoir opérationnel, l’organisation n’émettant que des recommandations.

Manque donc une réponse internationale et coordonnée. Pour cela, il faut qu'il y ait un leadership. Un rôle que n’a pas rempli les États-Unis, contrairement au passé récent, face au virus Ebola et au krach boursier de 2008. 

La coordination ne signifie pas que chaque pays abandonne ses prérogatives, mais simplement qu’ils se mettent d’accord sur des actions communes.

L'histoire du multilatéralisme a commencé par une coopération ad hoc pour résoudre des problèmes spécifiques. En 1815 fut créée la Commission centrale pour la navigation du Rhin, la plus ancienne organisation internationale, pour régler les problèmes de transport sur le fleuve. L'Union postale universelle a été créée en 1874 pour que les lettres puissent être acheminées d'un pays à l'autre.

Le Covid-19 est une pandémie mondiale. Seule une coopération multilatérale peut permettre de faire face à un problème mondial. Le 75e anniversaire des Nations unies devrait nous le rappeler.

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