La Suisse est le pays le plus sûr face à la Covid-19, selon une étude

La Suisse arrive en tête d'un classement mondial évaluant la réponse des pays à la pandémie de Covid-19. SWI swissinfo.ch
Ce contenu a été publié le 08 juin 2020 - 20:03

La Suisse arrive en tête d’un classement mondial qui compare la réponse de 200 pays face à la pandémie de coronavirus. Elle doit en grande partie sa première place à la bonne situation épidémiologique actuelle et à la haute résilience de son économie.

La Suisse doit sa première place à sa résilience économique et à sa manière prudente, «factuelle et scientifique» de gérer le déconfinement, selon ce classement international établi par le Deep Knowledge Group, qui évalue le niveau de sûreté face à la Covid-19.

Très proche des principaux foyers européens du coronavirus, la Suisse -comme l'Allemagne qui se classe deuxième- a dans un premier temps connu une rapide propagation des cas et des décès. Selon les sources officielles, un total de 30’934 personnes ont été infectées et 1923 sont décédées du coronavirus sur une population de 8,5 millions d’habitants.

Mais, soulignent les auteurs de l’étude, la Suisse est parvenue à «appliquer rapidement et efficacement des mesures de quarantaine, de suivi et de détection (des cas) et de mise à l’arrêt de l’économie». Elle a également réussi à éviter une surcharge de son système de santé.

D’après le rapport, l’assouplissement des mesures de confinement et le rétablissement de l’activité économique et sociale entamés le 27 avril sont «une preuve tangible de succès».

Six critères pris en compte et 500 sources de données

Les six facteurs pris en compte dans l’étude sont: la qualité de la surveillance et de la détection, l'efficacité des mesures de quarantaine, l’efficacité des gouvernements, ainsi que le niveau de préparation du système de santé et la capacité à réagir aux situations d'urgence. Au total, l'analyse comprend 130 paramètres qualitatifs et quantitatifs.

Le rapport de 250 pages s'appuie sur 500 sources de données, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Université Johns Hopkins, Worldometers et les centres pour la prévention des maladies (CDC) des États-Unis.

Le Deep Knowledge Group est un consortium d'entreprises et d'organisations à but non lucratif appartenant à Deep Knowledge Ventures, une société d'investissement fondée en 2014 à Hong Kong. Il continuera à mettre à jour les classements. Les régions les plus à risque actuellement, selon le rapport, sont l'Afrique subsaharienne et l'Amérique du Sud, ainsi que certains pays du Moyen-Orient et de l'Asie-Pacifique.

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Forte progression

Lors du dernier classement paru mi-avril, Israël et l'Allemagne occupaient les deux premières places, tandis que la Suisse pointait à la 11e place. «Dans notre précédente évaluation de la sécurité et des risques, les régions qui avaient un niveau très élevé de préparation aux situations d'urgence et une capacité à gérer efficacement les crises ont obtenu le meilleur score parce qu'elles avaient la plus grande probabilité de mieux gérer les premiers stades de la pandémie», expliquent les auteurs.

Entretemps, ils ont examiné de plus près les tactiques nationales visant à assouplir les mesures de confinement et la résilience pour faire face aux impacts économiques - des domaines dans lesquels la Suisse se distingue particulièrement.

«L'efficacité du gouvernement dans la gestion des risques économiques est considérablement élevée. Il a aidé financièrement les entreprises et les citoyens les plus vulnérables à amortir les effets de la crise économique. En conséquence, la crise du chômage a été contrôlée plus efficacement dans cette région que dans la plupart de celles considérées dans ce rapport», notent les auteurs.

Parmi les autres points forts, ils évoquent «l'accessibilité garantie à des services de santé de haute qualité pour l'ensemble de la communauté» et «de grandes capacités de mobilisation de nouvelles ressources sanitaires».

Des progrès possibles

Bien qu'elle soit en tête du classement général, la Suisse pourrait encore faire beaucoup de progrès, d’après les auteurs de cette recherche. «La principale faiblesse du système suisse a été la détermination à ne tester que les citoyens présentant des symptômes légers, alors que les vecteurs les plus dangereux sont ceux qui sont asymptomatiques», estime le rapport.

Pour les auteurs, «il est nécessaire que la Suisse établisse des programmes cohérents pour la surveillance, la détection et la neutralisation de nouveaux cas». Et d’ajouter que «la nature décentralisée du système de santé suisse est un défi pour la collecte de données sanitaires d'une manière facilement accessible, interprétable et transparente».

Le document avertit que la crise est loin d'être terminée. «La Suisse a prouvé qu'elle était un acteur fondamental dans la lutte contre la Covid-19 et que son modèle de gestion était à garder en vue, mais il est important que le processus de réouverture de l'économie suisse soit mené avec prudence, en évaluant la dynamique du virus, sinon tous les sacrifices et le travail conjoint des citoyens, du gouvernement et des organisations auront été vains», affirment les auteurs.

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Note de la rédaction

A noter que si ce classement offre un aperçu utile de la situation mondiale, il doit aussi être considéré avec un scepticisme justifié. Certains lecteurs nous ont écrit après la publication de cet article pour nous dire qu'ils jugeaient plus efficaces les mesures prises dans d'autres pays, notamment la Nouvelle-Zélande, Taïwan ou le Japon. 

De fait, d'autres mesures y ont été prises à d'autres moments. Chaque pays est aussi confronté à ses propres défis géographiques, sociaux et économiques qui rendent les comparaisons difficiles. Par exemple, la Suisse est un pays enclavé, Zurich est une plaque tournante du trafic aérien. En outre, différents tests sont effectués et traités différemment. En tout état de cause, nous continuons à suivre la situation (cliquez ici pour notre aperçu) et à en rendre compte. 

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