Trêve fragile à Gaza, qui panse ses plaies

Keystone

Après 22 jours de bombardements, Israël a mis un terme ce week-end à son offensive et entamé un «retrait progressif» de la Bande de Gaza. De son côté, le Hamas réclame un retrait israélien d'ici à une semaine. La Suisse attend le feu vert d'Israël pour acheminer de l'aide.

Ce contenu a été publié le 18 janvier 2009 - 18:50

L'armée israélienne a entamé un retrait progressif de Gaza, quelques heures après la proclamation par l'Etat hébreu d'un cessez-le-feu unilatéral dans le territoire palestinien, dévasté par 22 jours d'une offensive meurtrière.

Dans la foulée, le Hamas a à son tour annoncé une cessation des hostilités. Le mouvement islamiste a donné une semaine à Israël pour quitter entièrement la bande de Gaza.

Profitant de l'arrêt des bombardements, les habitants se sont aventurés dans les rues dimanche pour constater les dégâts, tandis que les bulldozers commençaient à déblayer les décombres pour rouvrir les routes.

Les services de secours ont sillonné les ruines à Beit Lahya et Jabaliya (nord), découvrant une centaine de corps qui n'avaient pas pu être récupérés en raison des combats.

Dimanche calme

Aucun combat ni bombardement n'a eu lieu dimanche, hormis des accrochages tôt dans la matinée, après des tirs de roquettes palestiniennes. Au total une vingtaine de ces missiles ont été tirés par le Hamas, et deux Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne.

Recevant dimanche soir à Jérusalem plusieurs responsables européens en provenance du sommet de Charm el-Cheikh, le premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé qu'Israël veut sortir de la bande de Gaza le plus vite possible, dès que la sécurité des populations du sud du pays sera assurée.

Retrait des chars

Selon des témoins, les chars ont quitté leur principale position dans l'ex-colonie de Netzarim, au sud de la ville de Gaza, ouvrant pour la première fois depuis le 3 janvier la route entre le sud et le nord du territoire. Les troupes ont également quitté des positions autour de Jabaliya et Beit Lahya (nord).

Les chars se sont toutefois redéployés aux frontières, côté palestinien. Israël a décidé de maintenir une partie de ses unités afin de faire face à d'éventuelles attaques.

Divers pays européens vont pouvoir acheminer de l'aide. Y compris la Confédération qui s'apprête à évacuer des enfants blessés et à livrer des médicaments. Berne attend le feu vert des autorités israéliennes.

Satifaction israélienne

Israël se félicitait dimanche d'avoir rétabli sa «capacité de dissuasion», mais l'opinion, pourtant favorable à la guerre, s'interroge sur la portée réelle de son succès militaire et sur son prix humain.

Samedi soir le premier ministre Ehud Olmert à affirmé que Tsahal avait «atteint tous ses objectifs et même au-delà».

Il a ajouté que le Hamas avait été «durement touché, dans son armement militaire et ses institutions gouvernementales. Ses dirigeants se cachent et beaucoup de ses hommes ont été tués».

L'armée a estimé avoir détruit la moitié des tunnels construits par les Palestiniens entre l'Egypte et la bande de Gaza - entre 300 et 500 selon les militaires - afin de s'approvisionner clandestinement en armement et en roquettes.

Le Hamas se déclare vainqueur

Le chef du gouvernement du mouvement islamiste Hamas, Ismaïl Haniyeh, a déclaré dimanche que le peuple palestinien avait remporté «une grande victoire» contre Israël à Gaza, dans une déclaration télévisée.

«Nous avons arrêté l'agression (de l'armée israélienne) et l'ennemi n'est parvenu à atteindre aucun des objectifs», a-t-il ajouté.

Efforts égyptiens

Parallèlement, un sommet international de dirigeants arabes et européens a eu lieu dimanche à Charm el-Cheikh, en Egypte, pour «consolider» le cessez-le-feu.

Le plan proposé par Le Caire, qui vise à obtenir un cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas, prévoit la sécurisation des frontières de la bande de Gaza pour empêcher le trafic d'armes, le retrait israélien, la réouverture des points de passage entre le territoire palestinien et Israël, le règlement de la situation humanitaire et une réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Dans ce contexte, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne se sont dites prêtes à participer à un contrôle des voies maritimes par lesquelles sont acheminées jusqu'au Sinaï les armes destinées au Hamas.

swissinfo et les agences

22 jours de cauchemar

Les équipes médicales palestiniennes estiment qu'au moins 1300 habitants, dont 410 enfants et 108 femmes, sont morts entre le début de l'offensive militaire israélienne le 27 décembre et le cessez-le-feu de dimanche, et plus de 5300 blessés, selon les services d'urgence de Gaza.

Dans l'autre camp, 10 militaires et trois civils ont péri durant la même période. Israël a affirmé avoir tué 500 combattants du Hamas.

L'Etat hébreu a encore indiqué avoir ouvert un hôpital de campagne à la frontière dimanche pour prendre en charge malades et blessés et faciliter leur évacuation vers des hôpitaux.

De son côté, le CICR dispose à Gaza d'une équipe de 14 expatriés et de 60 Palestiniens, qui travaille en étroite collaboration avec le Croissant-Rouge palestinien.

Selon l'ONU, plus de 45'000 Gazaouis s'entassent dans 49 écoles reconverties en abris d'urgence, en plus des 750'000 qu'elle nourrit en temps normal. Selon le Centre Mezan pour les droits de l'homme, ils seraient 150'000 autres à avoir fui pour échapper aux bombes.

Les agences de l'ONU demandent la réouverture complète de tous les points de passage pour répondre aux besoins. Sur leur appel de 531 millions de dollars, elles ont reçu jusqu'ici 75 millions, soit 14% du total.

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