Des débats fades qui peinent à mobiliser l’électorat

La libéralisation des heures d'ouverture des magasins de stations-service devrait être acceptée par les électeurs le 22 septembre prochain. Keystone

Le système de conscription devrait largement résister à l’écueil des urnes, selon le second sondage réalisé en vue de la votation du 22 septembre. Mais la campagne en cours peine à séduire les électeurs, qui n’ont pas encore décidé du sort des deux autres objets soumis au référendum.

Ce contenu a été publié le 11 septembre 2013 - 17:01
Andreas Keiser, swissinfo.ch

«Le ‘non’ est désormais marqué et bien établi», affirme Claude Longchamp, directeur de l’institut gfs.bern, qui a mené le deuxième sondage pour le compte du diffuseur national SRG SSR en vue de la votation du 22 septembre sur l’abolition du service militaire obligatoire.

Cela signifie qu’au cours des dernières semaines, les adversaires de l’initiative ont légèrement gagné du terrain, alors que le camp des partisans a reculé. Si le vote avait eu lieu début septembre, seuls 31% des électeurs auraient voté en faveur de la fin de la conscription, alors que 63% l’auraient rejetée.

Les personnes «en âge d’être à la retraite sont les plus décidés à rejeter l’initiative», affirme Lukas Goldner, de gfs.bern. Parmi la jeune génération, touchée directement, «la tendance au ‘oui’ est plus importante, mais on ne s’attend pas à ce qu’elle vote majoritairement pour l’abolition de la conscription».

Pour la majorité des citoyens, le système de milice représente donc toujours un pilier central de la politique de sécurité suisse. L’obligation de servir est toutefois plus profondément ancrée en Suisse germanophone qu’en Suisse francophone ou au Tessin, où le pourcentage de ‘oui’ devrait être un peu plus marqué le 22 septembre.

L’initiative 1:12 fait de l’ombre

Au niveau national, le service militaire obligatoire trouve ses contradicteurs surtout à gauche et chez les Verts. Mais la campagne n’a jusqu’ici pas véritablement réussi à mobiliser les foules, relève Claude Longchamp. Au Tessin, la part d’électeurs qui compte se rendre aux urnes a même diminué depuis le premier sondage réalisé au mois d’août. Il en va de même pour les deux autres objets soumis à votation, soit la libéralisation des heures d’ouvertures des magasins de stations-service et la révision de la loi sur les épidémies. Pour le directeur de gfs.bern, le scrutin manque certainement d’«un enjeu qui soit capable de susciter un plus grand intérêt politique».

L’initiative 1:12, qui vise à réduire l’écart salarial dans les entreprises, et la hausse annoncée de la vignette autoroutière de 40 à 100 francs, deux propositions qui seront soumises au vote en novembre, sont ainsi déjà beaucoup plus présentes dans le débat public et font de l’ombre à la votation du 22 septembre.  

L’intérêt pour la révision de la loi sur les épidémies, qui donnera la possibilité aux autorités de rendre la vaccination obligatoire, est particulièrement faible. «Beaucoup d’électeurs ne savent pas encore de quoi il s’agit exactement et ce qu’ils doivent en penser», affirme Claude Longchamp. «Le débat semble s’être arrêté. Aucun changement n’a été constaté depuis le 1er sondage. Une telle constance n’a jamais été atteinte, c’est tout simplement unique». Le camp du ‘oui’ est légèrement en tête, mais l’issue de la votation est ouverte. Au final, le degré de confiance dans les autorités devrait être un facteur décisif pour le résultat de la votation.

Fossé ville-campagne

Quant au troisième objet soumis à votation, soit une révision de la loi sur le travail qui permettrait aux stations-service de vendre également la nuit des denrées qui ne peuvent pas être consommées immédiatement (ce que les syndicats dénoncent comme un premier pas vers une libéralisation des horaires d’ouverture), une tendance «minime» au ‘oui’ semble se dessiner.

Depuis le dernier sondage, le camp du ‘oui’ a gagné deux points de pourcentage, alors que le camp du ‘non’ en a perdu deux. 48% des sondés se montrent favorables à cet assouplissement, 45% contre et 7% n’ont pas encore arrêté leur choix. Les partis bourgeois et les associations patronales prônent une libéralisation, la gauche et les syndicats s’y opposent.

Néanmoins, «dans les zones urbaines généralement orientées plus à gauche», le ‘oui’ semble l’emporter, tandis qu’une position de rejet a été observée dans les zones rurales, traditionnellement plus conservatrices. 

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