Pour une meilleure intégration des étrangers en Suisse

La Suisse est devenue un pays d’immigration, constate la Commission fédérale des étrangers (CFE). Elle préconise des pistes pour faciliter leur insertion. Education, naturalisation et participation politique en sont les pierres angulaires.

Ce contenu a été publié le 27 mars 2000 - 18:40

La Suisse est devenue un pays d’immigration, constate la Commission fédérale des étrangers (CFE). Elle préconise des pistes pour faciliter leur insertion. Education, naturalisation et participation politique en sont les pierres angulaires.

Les migrants font partie intégrante de la société et de l’économie. Dans un rapport présenté, lundi, à Berne, la CFE estime que leur insertion est aujourd’hui un problème qui concerne toute la société helvétique.

La commission entend se battre pour que cette intégration devienne une tâche prioritaire des autorités. Quant au rapport, «il constitue la base des principes que nous voulons mettre en pratique», a expliqué la présidente de la CFE, Rosemarie Simmen (photo).

La Commission fédérale des étrangers estime que la connaissance des langues locales est d’une extrême importance pour l’intégration. Elle préconise donc une meilleure utilisation de la diversité linguistique et culturelle dans le cadre de l’école ainsi que de l’instauration de programmes de formation pour les adultes de nationalité étrangère.

Mais une fois les connaissances de bases acquises, faut-il encore que les Suisses acceptent les migrants et les laissent participer à la vie locale. La commission demande notamment d’amorcer à l’échelle nationale un débat de fond sur l’octroi du droit de vote aux étrangers.

Reste le stade ultime de l’intégration: la naturalisation. La CFE recommande de la faciliter, en particulier pour les jeunes de la 2ème et 3ème génération. Les procédures devraient, selon elle, durer moins de deux ans et dépendre uniquement des exécutifs communaux.

Mais le récent vote des citoyens d’Emmen, qui ont refusé la naturalisation à tous les migrants venus de Turquie et des Balkans, montre que la naturalisation n’est pas une évidence. «Je ne suis pas surprise mais attristée par l’issue de ce vote, affirme Rosemarie Simmen. Mais il convient de souligner qu’il existe dans notre pays de nombreuses communes qui accordent la nationalité sans problèmes particuliers».

Pour mieux atteindre ses objectifs, la CFE propose de créer un poste de délégué à l’intégration. De même, la commission souhaite que des plates-formes de discussion sur ce thème soient institutionnalisées.

Dès l’an prochain, la commission sera habilitée à financer des projets destinées à l’intégration. Elle aura 5 millions de francs à sa disposition. «Une somme totalement insuffisante», juge Walter Schmid, vice-président de la CFE. Mais, en principe, les crédits devraient être revus à la hausse, pour atteindre finalement 15 millions.

swissinfo avec les agences

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