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Projet de dépôt de déchets atomiques à l'étranger

Comme les autres, la centrale nucléaire de Beznau 2 devra trouver un dépôt pour ses déchets.

(Keystone)

Une association privée basée en Suisse coordonne un projet européen de stockage pour les déchets nucléaires moyennement et hautement radioactifs.

Du côté des autorités helvétiques, on est sceptique et on continue à privilégier une solution nationale.

Sous le nom de SAPIERR, des représentants de quatorze pays ont lancé au début de l’année un programme de recherche pour un futur site international de stockage définitif des déchets atomiques.

Outre la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas, l’Autriche et l’Italie, ces pays sont tous d’anciens satellites ou d’anciennes républiques de la défunte Union soviétique

Basée à Baden, dans le canton d’Argovie, l’association Arius est chargée de la coordination du programme. Elle regroupe différentes entreprises privées du secteur nucléaire suisse, européen et même japonais.

Le rapport SAPIERR doit être rendu à fin 2005. Le projet a reçu le soutien de l’Union européenne et la Suisse y participe financièrement à hauteur de 220'000 francs.

«L'objectif est d'établir les conditions-cadre pour la construction, à l'avenir, d'un éventuel site de stockage, quelque part à l'intérieur de l'Europe agrandie», explique à la radio alémanique Charles McCombie, directeur d’Arius.

Priorité à la solution nationale



En Suisse, la Société coopérative nationale pour l'entreposage des déchets radioactifs participe également aux travaux de SAPIERR. La NAGRA y trouvera-t-elle finalement la solution à son problème, après le double refus des citoyens de Nidwald de son dépôt au Wellenberg? Rien n’est moins sûr.

«Notre priorité reste la recherche d’une solution nationale, rappelle à swissinfo Hans Issler, président de la NAGRA. Mais notre mission est aussi de nous intéresser à ce qui se passe à l’étranger».

«Ce ne serait qu’une seconde option, mais nous la laissons ouverte. Et en cas de stockage dans un autre pays, la loi nous oblige à nous assurer qu’il soit réalisé en respectant des standards très stricts», précise encore Hans Issler.

Le président de la NAGRA reste persuadé que la Suisse a le savoir-faire et les conditions géologiques nécessaires pour réaliser un dépôt définitif. Par contre, il juge qu’une solution internationale serait logique pour certains petits pays.

La Russie ? Personne n’en veut

Les grands, de toute façon, ne sont pas prêts à s’investir dans le projet SAPIERR, dont ne font partie ni la France, ni l’Allemagne, ni l’Angleterre.

Lors d’une récente conférence organisée par l’association Arius, une représentant de l’industrie nucléaire britannique a carrément qualifié la solution internationale de «pur exercice académique», qui serait de toute façon «contraire à l’éthique».

Il y a deux ans, la Russie avait offert ses services pour abriter ce dépôt. Solution repoussée en Suisse par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). Selon Hans Issler, SAPIERR (dont la Russie n’est pas membre), ne veut pas davantage en entendre parler.

«Ce pays n’a pas de standards en matière de protection de l’environnement et sa la population souffre déjà suffisamment des effets de l’énergie atomique», rappelle de son côté à swissinfo Yves Zenger, de l’organisation écologiste Greenpeace Suisse.

Une question politique

A la Division principale de la sécurité des installations nucléaires (HSK), le porte-parole Anton Treier déclare à swissinfo que si une solution est trouvée à l’étranger, la HSK serait prête à y apporter son concours sur le plan technique. Mais pour le reste, le choix sera «un choix politique».

Marianne Zünd, porte-parole de l’OFEN, juge qu’une solution internationale pourrait être «politiquement acceptable, mais très difficile à faire passer auprès de la société».

Tout comme la NAGRA, l’OFEN privilégie donc la solution nationale. Sans se faire trop d’illusions sur les délais. La NAGRA a désormais jusqu’en 2020 pour construire son dépôt.

«Jusqu’ici, il n’existe aucun dépôt définitif au monde pour les déchets hautement radioactifs, rappelle Anton Treier. Seule la Finlande a décidé formellement d’en construire un, mais là-bas aussi, il faudra des années avant qu’il puisse entrer en service».

swissinfo

En bref

- Soutenu par l’Union européenne, SAPIERR est un programme de recherche en vue d’établir les conditions-cadre pour un éventuel futur site de stockage international pour déchets radioactifs.

- Prévus sur deux ans, ses travaux déboucheront sur la publication d’un rapport, attendu pour la fin 2005.

- Y participent des représentants des milieux nucléaires de Suisse, d'Italie, d'Autriche, de Belgique, des Pays-Bas, de Hongrie, de Slovaquie, de Tchéquie, de Slovénie, de Croatie, de Roumanie, de Bulgarie, de Lituanie et de Lettonie.

- La coordination est assurée par l’association Arius, émanation de l’industrie nucléaire de certains pays participants à SAPIERR et du Japon.

- En Suisse, la Coopérative nationale pour l’entreposage des déchets radioactifs (NAGRA) et l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) restent sceptiques et continuent à privilégier la solution nationale pour l’entreposage des déchets radioactifs.

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