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PS-UDC (1): Jeunes, candidates... et opposées

Katya Babey Falce (à gauche) et Maria Angela Guyot (à droite).

(swissinfo.ch)

Toutes deux sont candidates à un siège au Parlement fédéral. L’une pour le PS, l’autre pour l’UDC.

Katya Babey Falce et Maria Angela Guyot: deux jeunes femmes que tout rapproche, et que tout sépare. Double portrait.

Beaucoup de choses, apparemment, rapprochent Katya Babey Falce et Maria Angela Guyot. Toutes deux sont de jeunes femmes, avec des racines italiennes, mamans d’enfants en bas âge, juristes de profession et candidates à un siège au Conseil national. Mais… la première, résolument à gauche. Et la seconde résolument à droite.

La Chaux-de-fonnière Katya Babey Falce, 31 ans, d’origine appenzelloise par son père et napolitaine par sa mère, travaille à temps partiel dans l’entreprise familiale. Elle est membre du Parti socialiste neuchâtelois depuis trois ans, et conseillère générale dans sa commune.

La Neuchâteloise Maria Angela Guyot, 37 ans, immigrée en Suisse à l’âge de quatre ans, travaille dans l’administration fédérale, département de la défense. Elle s’est engagée en 2002 dans la section neuchâteloise de l’Union démocratique du centre, créée en octobre 2001. Elle en est la vice-présidente.

Nous avons décidé de les rencontrer séparément, puis de juxtaposer des extraits de leurs propos. Chacune a choisi le lieu de notre entrevue. Pour Katya Babey Falce, «Le petit Paris» à La Chaux-de-Fonds, restaurant populaire le jour et boîte à jazz le soir. Pour Maria Angela Guyot, le café du Beau-Rivage, l’hôtel le plus chic de Neuchâtel.

L’engagement politique à gauche



Katya Babey Falce a répondu «oui» au PS alors que celui-ci cherchait des candidates pour des élections communales. Elle est alors «enceinte jusqu’aux yeux», mais accepte tout de même. «J’ai été élue directement. Trois semaines après avoir accouché, je siégeais au Conseil général… J’ai donc commencé sur les chapeaux de roue», dit-elle.

Ce qui signifie que sa motivation était déjà bien présente: «Adolescente, je ne supportais déjà pas l’injustice», se souvient-elle. La politique est donc pour elle une façon de transformer sa colère face à l’injustice en «quelque chose de plus positif, de plus constructif».

Des parents politisés? «Mes parents sont patrons d’entreprise, donc le PS n’est pas pour eux le parti le plus naturel. Mais j’ai une maman très sociale, qui s’investit beaucoup dans des associations. J’avais donc sous les yeux quelqu’un qui donnait de son temps en bénévolat, ce qui m’aidait à me dire qu’un jour je ferais peut-être aussi quelque chose de bénévole et de positif», répond la jeune candidate.

L’engagement politique à droite

«C’est une question qui occupait mes pensées depuis de nombreuses années, mais je ne trouvais pas dans le canton un parti qui défende les intérêts qui étaient les miens», explique Maria Angela Guyot. «En revanche, j’étais de plus en plus confrontée à un problème lors des votations fédérales: je comprenais de moins en moins la politique du gouvernement suisse», ajoute-t-elle.

Quel a été le déclic? La candidate UDC affirme ne pas avoir de réponse, mais quelques pistes, dont celle-ci: «Etant maman, je ne veux pas que mes enfants me reprochent un jour d’avoir laissé aller les choses, les dettes, le manque d’emplois etc.».

Ses parents ne sont pas engagés politiquement. «Mais on a toujours abordé des thèmes politiques, surtout liés au pays d’origine, qui les concerne davantage. Puis c’est moi qui les ai amenés à s’intéresser à la politique en Suisse, et la discussion a aussi évolué sur le thème national», constate Maria Angela Guyot.

Quand la musique est bonne…

Les goûts artistiques d’un individu peuvent être symptomatiques d’une personnalité, non? Alors parlons un peu musique…

Côté intérêts musicaux, la candidate UDC, Maria Angela Guyot, opte pour le flou. Elle aime le classique mais peut aussi écouter de la variété. Apprécie les folklores nationaux, qu’ils soient cubain, grec ou suisse. «J’aime la musique qui met de l’ambiance et de la joie. Cela dit, j’aime aussi l’opéra.»

La candidate socialiste, Katya Babey Falce, cite immédiatement Jacques Brel. Et l’album tout récent de Carla Bruni. Comment? Un top-model multimillionnaire? La remarque la fait rire: «Les footballeurs gagnent trop, les top-models gagnent trop… Ma foi, s’ils rapportent plus que ce qu’ils gagnent, ce qui devrait normalement être le cas dans une économie de marché, il n’y a pas de raison qu’ils touchent des clopinettes!»

Et d’ajouter: «Pour moi, il ne s’agit pas de parvenir à un salaire égal pour tout le monde, peu importe le mérite! Le but, c’est que ceux qui sont en bas de l’échelle sociale touchent au moins des salaires décents».

Politique et 7e Art

Et côté cinéma… ont-elles croisé un jour un film dans lequel elles se seraient totalement projetées? Katya Babey Falce cite «La Nuit de l’Iguane» de John Ford. Et plus généralement tous les films de Ken Loach: «C’est du socialisme en marche, et ils me touchent tous beaucoup», dit-elle.

Maria Angela Guyot, quant à elle, évoque «Le Cercle des poètes disparus» de Peter Weir, et tous les films qui ont trait «au thème de l’enfant martyrisé, de l’enfant qui se cherche et que l’adulte ne comprend pas. A part celui qui parviendra à l’aider à s’épanouir», dit-elle en substance.

Reflet d’un vécu personnel? Maria Angela Guyot reconnaît qu’il y a trente ans, «quand on venait d’Espagne, d’Italie ou du Portugal, il y avait une grande méchanceté parmi les enfants, à l’école».

Avec les points de vue que développe l’UDC, n’a-t-elle pas l’impression de justement pousser certains à développer des attitudes hostiles à l’égard des étrangers? «C’est une question de comportement, pas de nationalité». Car, selon elle, «l’UDC n’a rien contre les étrangers».

Maria Angela Guyot insiste sur l’intégration et le respect des lois. Mais, à notre connaissance, aucun parti ne soutient la délinquance… «Ce n’est pas sur la délinquance que les partis ne sont pas d’accord, mais sur l’application des lois pour y mettre un terme. Et l’UDC dénonce le laxisme des autorités», dit-elle.

Tranquillement, progressivement, des portraits se dessinent. A travers les mots dits spontanément. Comme à travers ceux qui sonnent comme étant davantage «appris»… La suite de ce double portrait demain.

swissinfo, Bernard Léchot

En bref

- Précisions utiles:

- Les élections fédérales suisses (élections parlementaires) auront lieu le 19 octobre.

- Après une décennie de régression, le Parti socialiste suisse (PSS) redevient en 1995 le plus fort parti national, mais il doit disputer cette position à l’UDC depuis les élections de 1999.

- Actuellement, le PS est représenté par 2 conseillers fédéraux, 51 conseillers nationaux et 6 conseillers aux Etats.

- L’Union démocratique du centre (UDC) est longtemps restée à la traîne des partis gouvernementaux. Cette situation change avec les années 90: s’appuyant sur un discours nettement plus marqué à droite, le parti enregistre des progressions record à chaque échéance électorale. Avec 22.5% des suffrages aux élections de 1999, l’UDC devient le premier parti gouvernemental.

- Actuellement, l’UDC compte un conseiller fédéral, 45 conseillers nationaux et 7 conseillers aux Etats.

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