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Quel temps fait-il? L'art de la prévision météo, de la haute technologie aux fourmis

Orage sur Zurich. 

Orage sur Zurich. 

(Keystone)

Les météorologues suisses utilisent des satellites et des superordinateurs pour analyser et prédire le temps dans ce qui est devenu une science hautement mondialisée. Le sujet fait l’objet de l'expositionLien externe «La météo, soleil, foudre et averse» au Musée national de Zurich. Visite.

2016 a connu le mois de décembre le plus sec depuis 150 ans avec des incendies de forêt au Tessin et dans les Grisons. Mais janvier est plongé dans le froid et les précipitions de neige.

Le temps reste imprévisible, mais notre soif de prédiction météo reste intacte. Près d'un million de personnes écoutent les bulletins quotidiens de la télévision publique suisse. L’application météo de la SFR figure ainsi parmi les plus téléchargées en Suisse.

Peter Binder, directeur général de l’Office fédéral de météorologie et de climatologie, qui a contribué à la mise en place de l'expositionLien externe, déclare: «Je pense que beaucoup de gens ne savent pas à quel point la technologie et la science sont à l'origine des prévisions météorologiques qu'ils consultent chaque jour.»

L'exposition

L’expo «La météo, soleil, foudre et averse» a ouvert ses portes le 12 janvier 2017 jusqu’au 21 mai 2017 au MuséeLien externe national de Zurich. Elle a été conçue en partenariat avec l’Office fédéral de météorologie et de climatologie MétéoSuisseLien externe.

L'expositionLien externe est interactive. Les visiteurs peuvent faire l'expérience de tous les types de temps via un écran vidéo, visiter un laboratoire météorologique à petite échelle, créer leurs propres prévisions à court terme et produire leur propre tempête dans une boîte de nuage. Les experts de MétéoSuisse sont là tous les dimanches pour fournir des informations sur la météo.

Nous sommes dans une salle de l'exposition montrant des images satellites, des radars météorologiques et des modèles de prévision qui aident à expliquer les conditions météos actuelles et à venir. Pour faire des prévisions précises, les météorologues s'appuient sur les mouvements atmosphériques à l'échelle mondiale, en utilisant des données récoltées en Suisse et à l'étranger, soit plus de dix millions de fichiers de données par jour.

Tendance

Cette technologie permet des prévisions très détaillées, explique Peter Binder, mais les météorologues ne peuvent pas tout prédire: «Je pense que les gens aimeraient parfois savoir quel sera le temps le week-end suivant et avoir des détails sur les prévisions météorologiques dans dix jours, mais c'est tout à fait impossible. Vous pouvez donner une tendance, mais pas les détails pour un endroit spécifique.»

D’autant que la topographie accidentée du pays rend les prévisions encore plus difficiles. La météorologie est une discipline très internationale et collaborative, ajoute le directeur: «Dans certains domaines, nous sommes vraiment à l'avant-garde en Suisse. C’est le cas notamment pour la prévision numérique du temps et la technologie des radars météorologiques.»

Météo 'Grenouilles'

Mais le temps ne concerne pas seulement la science. Il fait partie des conversations quotidiennes agrémentées de dictons populaires. Certains prophètes de la météo conservent une énorme popularité, comme dans le Muotathal en Suisse centrale.

«Ils font une prévision pour l'été et l'hiver et sont également très divertissants, apparaissant à la radio et la télévision. Tout le monde les connaît, raconte Jürg Burlet, commissaire de l'exposition. C’est un groupe d’une demi-douzaine de paysans de montagne qui font des prédictions basées sur des phénomènes comme le comportement des fourmis ou l’odeur de la sciure d’un arbre tronçonné. Les agriculteurs doivent être de bons observateurs des phénomènes météos pour éviter que la récolte ne périsse.»

Y at-il une vérité dans les prévisions de ces météorologues? «Ils peuvent être très fiables, mais seulement à l'échelle locale et à court terme. Les prévisions à plus long terme sont plus ou moins impossibles», répond Jürg Binder.

Premiers observateurs

La Suisse a connu de fameux chroniqueurs dans ce domaine, comme Renward Cysat (1545-1614) et le moine d'Einsiedeln, Père Joseph Dietrich (1645-1704). Ils consignaient leurs observations souvent plusieurs fois par jour en décrivant l’effet de la météo sur la nature et les gens. Père Dietrich écrit ainsi qu’en août 1675, il avait neigé plusieurs fois et qu’il y avait eu très peu de soleil. Dans l'ensemble, cet été là avait été pluvieux et froid. Ce qui s’est traduit par de faibles rendements agricoles et de grandes difficultés pour les gens.

Plus tard, le travail devint plus scientifique. Le météorologue de Bâle Albert Riggenbach (1854-1921) a été l'un des premiers hommes au monde à prendre des photos de nuages. Le météorologue a coédité le premier Atlas international des nuages ​​(1896) qui a établi leur classification.

Les observations météorologiques historiques, en particulier celles des 150 dernières années, sont précieuses pour le travail des climatologues actuels. C’est le cas de Stephan Bader, de MétéoSuisse, qui a pour tâche d'analyser les évolutions du climat: «Nous utilisons ces observations comme base pour prouver que le changement climatique est en train de se produire. Les gens n'étaient alors pas intéressés par les prévisions, mais par ce qu'ils voyaient. C'est une base pour établir une histoire du climat, un cadeau précieux.»

Changement

L'un des changements tient à la hausse globale de la température. «Nous pouvons prouver que nous vivons dans une autre situation climatique qu'il y a 30 ou 40 ans», déclare Stephan Bader. Par exemple, la sécheresse augmente en été avec plus de périodes chaudes, comme les étés de 2015 et 2003. Les autorités suisses envisagent d’ailleurs d'ajouter la sécheresse à sa liste de dangers naturels.

En ce qui concerne l'avenir, les scénarios climatiques actuels indiquent que la température pourrait augmenter entre 1,5 et 5 degrés Celsius à la fin du 21e siècle en Suisse, en fonction des futures émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon MétéoSuisseLien externe. Une baisse substantielle des précipitations en été est à prévoir à partir du milieu du siècle. Avec ces changements, notre besoin de prévision météorologique sera plus impérieux que jamais. 



Traduit de l'anglais par Frédéric Burnand, swissinfo.ch

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