Question tibétaine : le rôle de la Suisse

La Suisse cultive la bonne entente avec la Chine. Pourtant, elle compte la plus forte communauté tibétaine exilée hors d'Asie. Elle sera donc bien placée pour servir de médiatrice, le jour où viendra l'heure des pourparlers.

Ce contenu a été publié le 06 novembre 1999 - 17:52

La Suisse cultive la bonne entente avec la Chine. Pourtant, elle compte la plus forte communauté tibétaine exilée hors d'Asie. Elle sera donc bien placée pour servir de médiatrice, le jour où viendra l'heure des pourparlers.

Malgré une politique officielle aussi prudente que celle de ses voisins, la Suisse garde une position plus ambiguë que d'autres sur la question tibétaine. En effet, pour des raisons spécifiques allant de l'anticommunisme décidé de cercles nantis à un réflexe de solidarité de montagnards, la Confédération a accueilli dès le début des années 60 des réfugiés tibétains.

Jusqu'à récemment encore, cette communauté exilée forte aujourd'hui de quelque 2300 personnes était la plus importante hors d'Asie. Comme les nouveaux venus se sont bien adaptés et n'ont pratiquement jamais fait parler d'eux ou posé de problèmes aux autorités, leur présence ne dérangeait personne, même si au début, Pékin avait été jusqu'à reprocher à Berne de donner asile à des criminels. Jugeant le ton de cette note inacceptable, le ministre de l'époque l'avait renvoyée à l'expéditeur.

Depuis, le dalaï-lama est venu à maintes reprises en Suisse, suscitant les protestations rituelles des autorités chinoises. Mais Berne a toujours pris soin de l'accueillir officieusement, même si plusieurs ministres ont tenu à s'entretenir avec lui ne serait-ce qu'en privé. Maintenant que la question tibétaine s'impose davantage sur l'échiquier international, la Suisse se rend compte, elle aussi, qu'il devient plus difficile de défendre le droit à l'autodétermination pour les uns en le niant aux autres.

Claude Levenson

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