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Relations internationales Le Bélarus gagne en importance pour la Suisse

Strasse in Minsk

Scène de rue à Minsk, mars 2019. La plupart des Suisses en savent bien peu sur le Bélarus.

(Keystone / Tatyana Zenkovich)

La représentation suisse au Bélarus devrait bientôt avoir rang d'ambassade. swissinfo.ch s’est entretenu avec Claude Altermatt, diplomate en poste à Minsk, sur les relations entre les deux pays.

La Suisse est en train de revaloriser ses relations diplomatiques avec le Bélarus. A cette occasion, le groupe d’amitié parlementaireLien externe Suisse-Biélorussie et l’Association suisse de politique étrangère (ASPELien externe) organisaient récemment au Palais fédéral une conférence sur le thème «Belarus inconnu: un pays en transition entre l’Occident et la Russie?» Claude Altermatt, chef de la mission suisse au BélarusLien externe et Bruno Zogg, chercheur au Center for Security Studies de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, ont traité des développements actuels au Bélarus et répondu aux questions du public.

swissinfo.ch a rencontré Claude Altermatt dans son bureau à Minsk, qu’il occupe depuis une année et demi.

swissinfo.ch: Le président biélorusse Alexandre Loukachenko est souvent décrit comme «le dernier dictateur d’Europe». Qu’en dites vous?

Claude Altermatt: Cela ne correspond pas à la réalité. Alexandre Loukachenko est un autocrate. Il est président depuis 24 ans. Si on le qualifie de dictateur, on minimise la notion de dictateur.

Il suffit de penser à Kadhafi. Ce terme de «dernier dictateur» montre aussi que le pays a un double désavantage: presque personne ne connaît le Bélarus et presque personne ne sait que les choses y ont changé ces dernières années.

Qu’est-ce qui a changé?

Les signes indiquent une ouverture lente et contrôlée du pays vers l’Occident et en même temps vers la Chine. Les indicateurs en sont par exemple la réglementation libéralisée sur les visas: depuis l’été 2018, les touristes de 80 pays peuvent séjourner au Bélarus pendant 30 jours, sans visa.

Économiquement aussi, le pays est devenu plus ouvert, même s’il reste encore relativement dépendant de l’économie russe. Mais la Chine est un investisseur important. Cela doit être considéré dans le contexte géopolitique: ce qui se passe en Ukraine depuis 2013 a provoqué des troubles au Bélarus.

Le Bélarus se rend compte que cela ressemble de plus en plus à une confrontation avec la Russie. C’est pourquoi il renforce son autonomie. Mais de manière contrôlée: alors que l’Ukraine est devenue clairement anti-russe, le Bélarus est beaucoup plus pragmatique.

Ein Mann vor einem Bild

Claude Altermatt dans son bureau à Minsk.

(swissinfo.ch)

Comment qualifieriez-vous les relations entre la Suisse et le Bélarus?

Nous sommes dans une phase d’approfondissement. Jusqu’il y a deux ans, nos relations étaient encore faibles. Mais avec l’ouverture, le Bélarus devient plus important pour la Suisse.

Cela se voit aussi sur le plan économique: par exemple, l’entreprise suisse Stadler Rail, qui a sa propre usine ici depuis 2014, a fait passer le nombre de ses collaborateurs de 600 à 1000, et son président, l’ancien conseiller nationale (député) Peter Spuhler vient régulièrement au Bélarus. Cette ouverture du pays nous a conduit à approfondir nos relations.

Pourquoi?

Avant, on voyait le Bélarus de manière très unilatérale. Il y a eu des répressions ouvertes et des violations des droits de l’homme. Mais les dernières élections législatives et présidentielles se sont tenues sans répression, ceci dans un pays qui ne remplit pas encore les critères de la démocratie.

Deux députés de l’opposition ont accédé au parlement. Je peux les rencontrer sans problèmes et parler ouvertement avec eux. Ce n’était pas le cas par le passé. En 2016, la plupart des sanctions ont été levées. Il s’est donc passé des choses. Et tout cela a contribué à ce que nous accordions une importance plus grande au Bélarus.

Mais ce pays connaît encore régulièrement des violations des droits de l’homme et c’est le dernier d’Europe qui applique toujours la peine de mort. Alors que la Suisse a une longue tradition humanitaire, les droits de l’homme sont très importants pour nous.

Nous représentons toujours nos valeurs suisses de manière conséquente. C’est vrai que le Bélarus applique toujours la peine de mort. Et en 2018, il y a eu quatre exécutions. Sur ce point, il n’y a bien sûr rien à discuter, nous continuons de recommander aux autorités d’instaurer un moratoire.

Mais ici aussi, les choses sont en train de bouger: il y a un festival sur le thème de la peine de mort, des concerts, et on voit des députés s’opposer publiquement à la peine capitale. Dans le domaine de la liberté d’expression aussi, la situation s’améliore lentement. Internet n’est pas perturbé, même s’il reste surveillé.

L’évolution vers la société civile progresse lentement. Il ne faut pas oublier que contrairement aux Suisses les gens en Bélarus n’ont jamais été libres. C’est pour cela que ça prend du temps.


(Traduction de l’allemand: Marc-André Miserez)

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