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Revers sévère pour la droite nationaliste

Verena Diener, des Verts libéraux, est tout sourire. Elle a battu l'UDC à Zurich.

(swissinfo.ch)

Après le double échec de l'Union démocratique du centre (UDC, droite nationaliste) à Zurich et à Saint-Gall, les éditorialistes de la presse suisse pointent du doigt le style politique du parti.

Figures fortes de l'UDC, Ueli Maurer et Toni Brunner n'ont en effet pas réussi à se faire élire lors du second tour des élections fédérales à la Chambre haute.

Un «retour de balancier». C'est ainsi que de nombreux journaux helvétiques, à l'instar de l'éditorialiste du quotidien Le Temps, voient la défaite subie dimanche par l'UDC au second tour des élections dans les deux derniers cantons dont les sénateurs n'étaient pas encore connus.

En n'élisant pas deux figures fortes du parti – Ueli Maurer à Zurich et Toni Brunner à Saint-Gall –, les citoyens ont d'abord voulu, selon la presse suisse, contrebalancer la nette victoire obtenue par l'UDC le 21 octobre dernier lors du premier tour.

Un parti «voyou»

«Ce double échec a ainsi brutalement ramené sur terre deux des vedettes d'un parti puissant mais isolé», écrit à ce propos le quotidien neuchâtelois L'Express.

Et le journal bernois Bund de renchérir sur le caractère peu fréquentable de l'UDC, qui à l'avenir «aura besoin de doigté pour s'affirmer comme un parti gouvernemental crédible.»

«Parti voyou» comme le décrit Le Temps, l'UDC et son style provocateur a en outre fait les frais du système majoritaire pratiqué lors des élections aux Conseil des Etats (Chambre haute). Celui-ci en effet «requiert des consensus dont l'UDC n'a pas bénéficié», selon L'Express.

D'autant que c'était son président, Ueli Maurer, connu pour ses talents de polémiste, qui était en lice. Or ce dernier «n'a jamais hésité, avec un instinct politique sûr, à lancer la polémique, à échauffer ses troupes, à jouer avec la limite à ne pas franchir», rappelle Le Temps.

Deux ténors de la polarisation

A Saint-Gall, le St Galler Tagblatt note que l'UDC n'a pas simplement échoué à conquérir deux sièges de sénateurs, mais qu'elle a été littéralement «renvoyée au placard par le souverain, malgré le fait qu'elle présentait deux de ses 'cracks'.»

«Qui hausse la voix n'entre pas dans la 'chambre de réflexion' du Parlement, fait de son côté remarquer le quotidien tessinois Corriere del Ticino. Maurer et Brunner ont construit leur réputation politique en s'appropriant et en propageant avec force et conviction la parole blochérienne.»

Quant au journal bâlois Basler Zeitung, il note que même s'ils avaient «mangé de la craie pour adoucir leur voix ces dernières semaines», Ueli Maurer et Toni Brunner sont les représentants d'une ligne blochérienne plus favorable à la polarisation qu'au compromis. Une position dure que les électeurs ont sanctionnée dimanche.

Des soucis pour le radicalisme

Si les commentateurs helvétiques parient que les démocrates du centre auront vite fait de se remettre de leur défaite, ils expriment en revanche leur inquiétude à l'égard du parti radical (PRD, droite).

«En plein doute identitaire» selon le quotidien vaudois 24 heures, celui-ci a vu «une partie de son électorat rejoindre la fronde anti-UDC.» Même son de cloche dans le reste de la presse. La Tribune de Genève par exemple livre un diagnostic sans concession: «Un électrochoc est nécessaire et Fulvio Pelli serait bien inspiré, devant une telle déroute, de rendre son tablier de président rapidement.»

En Suisse alémanique, la Neue Zürcher Zeitung de Zurich invite le PRD à se repenser et à «réfléchir sérieusement à comment il veut mettre à profit son rôle de force libérale et bourgeoise à l'avenir». Quant au Tages Anzeiger, il constate que «le PRD n'a pas réussi à réunir sa base derrière Ueli Maurer car elle n'a pas cru à l'image d'une droite unie proposée pour ces élections.»

«Le Parti radical et sa présidente zurichoise, malgré le siège brillamment emporté au premier tour par Felix Gutzwiller, se retrouvent une nouvelle fois au pied du mur», résume Le Temps, pour qui la collaboration poussée des radicaux avec l'UDC reste une «lourde hypothèque» pour leur survie.

Rien de nouveau le 12 décembre

Après le verdict de Zurich et de Saint-Gall, le visage définitif du nouveau Parlement, qui entamera son mandat le 3 décembre, est donc connu. Le parti de Christoph Blocher y a conforté sa position de premier parti de Suisse avec 69 élus sur 246. A la Chambre haute, bastion du centre droit, l'UDC n'occupera toutefois que sept fauteuils sur 46, soit un de moins que lors de la précédente législature.

Dans cette «machine à produire de la stabilité» qu'est le système helvétique selon la Tribune de Genève, la prochaine étape politiquement significative est désormais l'élection du Conseil fédéral (gouvernement), agendée le 12 décembre prochain.

Une élection dont les commentateurs n'attendent pas de surprise, comme le résume l'éditorialiste de La Liberté: «La scène est ainsi prête pour consacrer ... le statu quo le 12 décembre, jour de l'élection au Conseil fédéral. Et pour prolonger de quatre ans le sursis – et les psychodrames – d'un système de 'concordance' de plus en plus désincarné.»

swissinfo, Carole Wälti

Répartition des sièges à la Chambre haute

Parti démocrate-chrétien: 15 (-)
Parti socialiste: 9 (-)
Parti radical-libéral: 12 (-2)
Union démocratique du centre: 7 (-1)
Verts et Verts libéraux: (+3)

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