Ruth Metzler défend à contre-cœur la solution des délais

Ruth Metzler devra donc mener la campagne du Conseil fédéral. Keystone

Les partisans de la dépénalisation de l'avortement ont obtenu un soutien de taille. Le Conseil fédéral s'est prononcé mercredi en faveur de la «solution des délais». La cheffe du Département de justice et police (DFJP) devra défendre, malgré elle, un projet combattu par son propre parti.

Ce contenu a été publié le 29 août 2001 - 16:59

«C'est connu: j'aurais personnellement souhaité une autre solution, qui tienne un peu mieux compte de l'intérêt de l'enfant à naître, admet Ruth Metzler. Mais pour moi, ce n'est pas un conflit de conscience de soutenir, au nom du Conseil fédéral, la solution du Parlement.»

Le gouvernement a revu sa copie

Le ton est donné. La conseillère fédérale démocrate-chrétienne n'a pas le choix: elle devra défendre le projet que le Conseil fédéral a décidé mercredi de soutenir. A savoir la solution des délais, qui autorise l'avortement durant les douze premières semaines de la grossesse.

Petite surprise: le gouvernement a revu sa copie. Durant le débat parlementaire, le Conseil fédéral s'était en effet opposé à la solution des délais, celle qui a finalement obtenu les faveurs des deux Chambres.

Comme les démocrates-chrétiens, les conseillers fédéraux étaient au contraire favorables à une consultation obligatoire préalable dans un centre spécialisé.

Mais désormais, la situation a changé, dixit Ruth Metzler. Comprenez par-là que la position du Parlement, et donc le projet de modification du Code pénal, sont définitifs. «Nous soutenons ce projet parce que nous voulons introduire rapidement une législation sur cette question», poursuit Ruth Metzler.

Une tâche difficile

Conséquence logique de cette première décision, le Conseil fédéral recommande également de rejeter l'initiative «Pour la mère et l'enfant», qui préconise l'interdiction de l'avortement. Seule exception: lorsque la vie de la mère est en danger.

En tant que cheffe du DFJP, Ruth Metzler devra donc mener la campagne du Conseil fédéral. Tâche d'autant plus difficile que son parti a lancé un référendum contre le projet de l'Assemblée fédérale.

«Le Conseil fédéral s'engagera contre l'initiative populaire «Pour la mère et l'enfant», et va aussi s'engager pour la solution du Parlement. Mais il attend aussi des parlementaires qu'ils s'engagent vivement pour leur solution.»

La démocrate-chrétienne a tout de même obtenu une consolation. Le peuple se prononcera le même jour sur tous les objets liés à l'avortement. Une solution que Ruth Metzler défendait. Espérant peut-être, ont supposé certains acteurs, qu'elle voulait profiter d'une vague anti-avortement pour faire échouer le régime du délai.

Caroline Zuercher

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