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Samuel Schmid en Guillaume Tell de Tunisie

(swissinfo.ch)

Le discours du président de la Confédération et sa censure par la télévision publique tunisienne ont frappé les esprits au pays du président Zine Ben Ali.

Coïncidence ou non, le régime semble avoir lâché la bride aux ONG tunisiennes indépendantes.

Selon les opposants tunisiens, c'est historique: pour la première fois, une personnalité a osé critiquer publiquement le régime du général Ben Ali. Et ceci alors que le président était assis à côté de son hôte lors de l'ouverture du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI).

Dans les couloirs du Sommet, des délégués occidentaux se sont également déclarés très satisfaits de l'audace suisse. Un parlementaire italien a même demandé que le discours de Samuel Schmid soit affiché au parlement européen.

Sur les Champs Elysée de Tunis


Et le soir même dans les cafés qui bordent l'avenue Bourguiba - les Champs Elysée de Tunis - il n'était pas rare d'entendre des Tunisiens commenter l'affaire.

Echantillon: «Tu te rends compte. Le président de la Suisse a défendu la liberté en Tunisie. Et Canal 7 a stoppé son discours pour le remplacer par un reportage sur les animaux !»

Quant aux médias du monde entier, présents au sommet de Tunis, ils ont également tressé des couronnes au président de la Confédération, tout comme certains journaux en ligne indépendants tunisiens (généralement bloqués par les autorités tunisiennes et donc invisibles sur les écrans d'ordinateurs du pays).

L'étau se desserre


Coïncidence ou non, les dissidents tunisiens soutenus par les ONG internationales ont enfin pu – le jour du discours – tenir une conférence de presse dans les locaux de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), en pleine ville.

Parmi ces ONG figure la plate-forme suisse Communica-ch qui cherchait depuis des jours à organiser un sommet citoyen en marge du SMSI.

Des centaines de journalistes, équipes TV, diplomates, militants de tous pays (Tunisiens compris) ont été autorisés à assister sans embûches à la réunion. La salle était comble.

Même Manuel Tornare était au rendez-vous. Le maire de Genève a rappelé que sa ville, comme organisatrice de la première phase du Sommet, était directement concernée par la tournure des événements en Tunisie. Et il a salué «le courage de Samuel Schmid».

De fait, le coup d'éclat du président de la Confédération a tenu la vedette durant cette rencontre médiatique, transformée à l'improviste en mini sommet dissident.

«Les autorités ont prouvé devant le monde entier qu'elles pratiquent la censure. Difficile après ça de dire que nous l'inventons», a déclaré Shirin Ebadi, l'avocate iranienne des droits de l'homme, Prix Nobel de la Paix 2003, qui participait à ce rendez-vous citoyen.

Une chose est sure. Les autorités tunisiennes ont – au moins momentanément – lâché la bride aux opposants. En tous cas dans la capitale.
Pour preuve, une manifestation d'environ 150 personnes a pu se déployer dans les rues de Tunis et scander «à bas le régime» sans se faire réprimer par la police.

swissinfo avec Infosud, Carole Vann et Frédéric Burnand à Tunis

Faits

Reporters sans frontières (RSF) a publié jeudi la liste des pays où la liberté sur la Toile est la plus limitée.
Ces «ennemis de l'Internet» sont au nombre de quinze: Arabie Saoudite, Bélarus, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Iran, Libye, Maldives, Népal, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan et Vietnam.

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