Scénarios pour éviter le crash de SAirGroup

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Alors que lundi l'action de la compagnie aérienne a piqué du nez à la Bourse en perdant près de 14%, on peut se demander quelles issues de secours il reste au groupe pour éviter l'implosion. Etat des lieux.

Ce contenu a été publié le 12 mars 2001 - 19:59

Plus de pilotes ni d'équipage. Après l'éjection de Philippe Bruggisser, de Paul Reutlinger et de Moritz Suter, puis vendredi la démission, pratiquement en bloc, du conseil d'administration, le SairGroup vole sans instruments.

En Bourse, la sanction a été immédiate, le titre a essuyé une perte de 28 francs pour clôturer à 174 francs. Loin du sommet de 322 francs atteint il y a environ un an.

Les pertes et provisions globales du groupe pourraient atteindre 2,5 milliards de francs. Mais ces prévisions abyssales annoncées par la presse attendent une confirmation lors de la présentation des comptes prévue, pour l'instant, le 2 avril prochain.

En revanche, il est clair que le SAirGroup devra trouver une nouvelle stratégie s'il entend survivre. L'urgence consiste à engager un nouveau patron crédible et à reformer un groupe d'administrateurs compétents.

Le conseil d'administration démissionnaire était simplement représentatif des principales tendances qui comptent en Suisse. On y trouvait des politiciens, des industriels, des banquiers mais curieusement aucun vrai spécialiste du secteur aérien.

Ensuite, plusieurs scénarios sont possibles. Le plus radical consisterait en une vente pure et simple de la compagnie Swissair. C'est en effet le pôle aérien qui plombe les résultats du groupe. Une hypothèse logique économiquement mais qui risque de créer un séisme au sein de la population et à Berne, même si la Confédération ne détient que 3% du capital du SAirGroup

A l'inverse, le groupe pourrait vendre certaines de ses activités non aériennes. Une cession des secteurs très rentables que sont le commerce hors-taxe, la restauration ou l'hôtellerie, permettrait d'apporter de l'argent frais au groupe et de renflouer les caisses.

Le troisième scénario apparaît plus comme une nécessité que comme une solution. Il s'agit du démembrement du Qualiflyer Group, l'alliance européenne avec notamment les compagnies belge Sabena, portugaises Tap et françaises AOM, Air Liberté et Air Littoral.

L'ancien patron Philippe Bruggisser avait mis en place une stratégie de prise de participations dans des petites compagnies européennes dans l'espoir d'atteindre une taille suffisante pour régater face aux puissants concurrents. Le résultat est un fiasco financier. Qualiflyer ne couvre que 4% du marché contre 23% pour Star Alliance (Lufthansa, United Airlines, Austrian, etc.) et 16% pour Oneworld (British, American Airline, Iberia, etc.).

Enfin, il semble évident que Swissair devra trouver un partenaire au niveau mondial et adhérer à une des grandes alliances. Le nom de British Airways est sur la bouche de nombreux analystes. Reste à savoir si à terme le géant britannique ne risque pas de phagocyter la petite compagnie helvétique.

Mais tout n'est pas noir dans le ciel du groupe. Swissair conserve une bonne image dans le monde et les résultats enregistrés par les autres activités devraient permettre d'atténuer le marasme de l'aérien. SAirGroup a encore les moyens de s'en sortir, mais désormais la moindre erreur ou mauvaise nouvelle lui sera fatale.

Luigino Canal

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