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Sueurs froides dans l'Euroland

Pour l'instant, la majorité des Européens n'accorde aucune attention au double affichage des prix.

(Keystone Archive)

Les préparatifs des banques suisses ne sont qu'une aimable formalité, comparées au chamboulement qui attend les établissements bancaires et les entreprises de l'Euroland. Et paradoxalement, les spécificités nationales seront bien marquées dans l'organisation de la transition.

Les douze pays de l'Euroland n'échapperont pas à la date du 1er janvier 2002 pour introduire l'euro fiduciaire, autrement dit les pièces et les billets. Mais l'Union européenne leur laisse une grande latitude dans la fixation d'autres échéances.

Les Pays-Bas ont ainsi opté pour une suppression très rapide du cours légal du gulden : dès le 28 janvier 2002, seul l'euro sera accepté dans les commerces. La plupart des autres pays ont instauré une double circulation de deux mois. C'est déjà beaucoup moins que les six mois prévus à Maastricht.

Les dates limite pour l'échange auprès des banques commerciales varient aussi fortement, entre deux mois et une année. Ne resteront ensuite plus que les banques centrales pour échanger les anciennes monnaies. En France, par exemple, la Banque Nationale acceptera les pièces pendant trois ans et les billets jusqu'en 2012.

Sur le papier, tout est clair. Il n'en va pas de même dans les petites et moyennes entreprises. «Elles sont toujours en retard», s'alarmait il y a quelques jours la Commission européenne, observant que «près de la moitié d'entre elles n'ont toujours pas de plan pour passer à l'euro».

Les banques et les commerçants auront droit à une préalimentation en pièces et en billets dans la dernière quinzaine de décembre. Les particuliers, eux, ne pourront se procurer que des kits de pièces. Quant aux pays tiers, ils ne sont pas oubliés même s'ils n'auront évidemment pas la priorité. Les banques suisses espèrent néanmoins être fournies en euros lors des derniers jours de l'année, afin de pouvoir garnir les distributeurs et les guichets à temps.

Dans l'opinion publique, l'euro reste encore une abstraction. 60% des citoyens européens connaissent la date de l'introduction des pièces et billets, mais dans leur grande majorité, ils ne prêtent aucune attention au double affichage des prix, pourtant obligatoire. Cela changera en quelques jours, lors du déferlement de près de 15 milliards de billets et 50 milliards de pièces en euros qui seront produits d'ici la fin de l'année.

Pour faciliter le processus, la Commission européenne propose une série de mesures aux Etats membres. Les commerçants sont ainsi invités à décaler le démarrage des soldes dans les cas où elles sont prévues la première semaine de janvier. Les banques, dans certains pays, ouvriront leurs guichets, exceptionnellement, dès le 1er janvier 2002.

Thierry Zweifel, Bruxelles

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