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Sunrise relance la guerre des tarifs téléphoniques

L'opérateur zurichois baisse fortement ses prix sur le réseau fixe et ambitionne de devenir le leader helvétique pour l'accès à Internet. Reste à savoir si la rentabilité suivra.

Ce contenu a été publié le 06 janvier 2000 - 17:05

L'opérateur zurichois baisse fortement ses prix sur le réseau fixe et ambitionne de devenir le leader helvétique pour l'accès à Internet. Reste à savoir si la rentabilité suivra.

Les Helvètes se frottent les mains. Grâce à la bataille que se livrent les opérateurs suisses depuis 18 mois, ils vont bénéficier de nouvelles baisses de prix pour leurs télécommunications. Pour fêter son deuxième anniversaire, Sunrise annonce des réductions comprises entre 23 et 74 pour cent. Ainsi une minute de conversation vers l'Allemagne, l'Italie, la France, l'Autriche et le Liechtenstein plonge à 10 centimes, quelle que soit l'heure. Pour les autres pays de l'Union européenne, les Etats-Unis et le Canada la minute est facturée 20 centimes. En Suisse, si le tarif local ne bouge pas, les liaisons interurbaines passent de 16 à 10 centimes en tarif jour.

Par ailleurs, Sunrise veut damer le pion à Blue Window, le fournisseur d'accès à Internet de Swisscom. Actuellement Blue Window compte 300 000 internautes contre 195 000 pour Sunrise. Mais ce dernier a multiplié par huit ses clients depuis qu'il a lancé l'accès gratuit à Internet l'an passé.

Même si pour l'instant la concurrence déclare «garder la tête froide», il est fort probable qu'elle va devoir s’aligner face à ces tarifs. Pourtant, «à ces prix là, les marges deviennent infimes, le marché est devenu complètement débile et je suis perplexe face à la stratégie de Sunrise», estime le responsable d'un opérateur romand, qui préfère rester anonyme.

Certes, Sunrise bénéficie de la baisse d'environ 15 pour cent des prix d'interconnexion négociée avec Swisscom en décembre dernier. Mais les spécialistes se demandent jusqu'à quel niveau les nouveaux venus sur le marché de la téléphonie tiendront financièrement. Ils doivent rentabiliser des investissements qui se chiffrent en centaines de millions et cette guerre pourrait se révéler fatale pour bons nombres d'entre eux.

Sunrise annonce 420 000 abonnés à ses services fixes mais près de 95 pour cent d'entre eux sont des particuliers. Des clients dont la facture téléphonique mensuelle est certainement modeste et qui sont donc peu rentables. Tous les analystes estiment que le marché le plus profitable se situe du côté des entreprises. Or, ce secteur n'est pas facile à conquérir.

En novembre, deux mensuels économiques publiaient un sondage sur les entreprises face aux télécommunications. «PME Magazine» s'est intéressé aux petites sociétés (59 pour cent avaient moins de dix employés) alors que «Bilan» a interrogé les 40 plus grandes entreprises suisses. Résultats: seulement trois grands groupes ont quitté Swisscom pour un concurrent alors que 48 pour cent des petites sociétés ont changé d'opérateur. En clair, pour les nouveaux opérateurs le marché se situe du côté des PME. Le problème c'est que celles-ci (76 pour cent des sondés) dépensent moins de 30 000 francs par an en communications, contre plusieurs millions pour les multinationales qui, elles, restent fidèles à Swisscom.

Luigino Canal

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