Swiss Dairy Food n'est pas encore mort

Le Lucernis Emmi pourrait profiter des ennuis de Swiss Dairy Food. Keystone

Le 2e plus gros transformateur de lait en Suisse (derrière Emmi) veut éviter un crash du type Swissair.

Ce contenu a été publié le 23 septembre 2002 - 15:39

Le Département fédéral de l'économie et les banques sont prêts à effectuer un nouveau repêchage à coups de millions.

C'est fait, Swiss Dairy Food (SDF) a obtenu un sursis concordataire. Son financement sera assuré par un crédit de 89 millions de francs mis à disposition par les banques.

De son côté, la Confédération prendra en charge directement au moins 80 % du paiement du lait dû pour le mois d'août et pour la période du 1er au 22 septembre. Ce qui représente 70 millions de francs.

En tout, ce sont donc quelque 160 millions de francs qui devraient permettre d'éviter la faillite à SDF. Et, par conséquent, le chaos sur le marché du lait.

Une solution provisoire

Tout n'est pas résolu pour autant. De toute évidence, il faudra redimensionner le géant lacté. Le plan de sauvetage dévoilé par la direction prévoit, dans un premier temps, la disparition d'un tiers des 1600 postes de travail actuellement occupés.

Cette stratégie de survie touche l'ensemble du groupe. Concrètement, les sites de Lausanne et Gossau (SG) seront fermés. Alors qu'un repreneur est cherché pour les sites de Lucens et de Thoune. En outre, toutes les branches saines du groupe seront mises en vente.

Un démantèlement inévitable

Certes, le sursis concordataire donnera du temps à SDF et aux 13 instituts financiers impliqués - au premier rang desquels, l'UBS - pour trouver, peut-être, de véritables solutions avec la Confédération et les acheteurs potentiels.

Le report de la vente de ses activités fromagères à son concurrent Emmi AG décidé par la Comco n'a fait que précipiter la chute. L'argent de cette transaction - dont le montant n'a pas été révélé - aurait certainement permis à SDF de tenir un peu plus longtemps.

Reste que la société demeure dangereusement surendettée. Et la direction n'a pas fait mine d'avoir trouvé une solution face à des perspectives d'avenir peu favorables sur le marché du lait.

La politique du DFE mise en cause

Le géant d'Ostermundingen met directement en cause la politique fédérale en matière de gestion du marché du lait. SDF s'estime «victime des conditions cadres de l'agriculture suisse».

La valorisation des surplus de production qui lui avait été confiée - qualifiée par SDF de «tâche de politique économique» - s'est révélée impossible à mener à bien alors que les marges dans les produits laitiers ne cessaient de s'éroder.

swissinfo avec les agences

Faits

Swiss Dairy Foods: 1600 employés
800 millions de francs de dettes
637 millions de francs de chiffre d'affaires
14,5 millions de francs de pertes
7000 agriculteurs partenaires

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