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Swisscom augmente ses tarifs

Téléphoner va à nouveau coûter plus cher...

(Keystone Archive)

Les baisses des prix dans le secteur des télécommunications, c'est fini. Dès le 1er juillet, Swisscom augmente le coût de divers services et notamment son raccordement ISDN Light. Une hausse de l'abonnement pour la ligne fixe classique est également dans l'air.

Après la chute des tarifs observée ces dernières années, va-t-on assister à un retour de balancier dans le domaine des télécommunications? Pour les opérateurs comme pour leurs clients, la fête est finie. Les faillites et les hausses de prix se multiplient.

A partir du 1er juillet, Swisscom augmente donc le prix de son abonnement ISDN Light qui passe de 39,85 à 43 francs par mois. Un changement qui concerne quelque 450 000 clients. Au total le géant bleu encaissera donc 17 millions de plus par an. Le raccordement ISDN Light offre notamment aux usagers une ligne numérique avec trois numéros de téléphone.

«Les frais effectifs ne pouvant plus être couverts, une hausse des tarifs s'est imposée pour certaines prestations», explique Swisscom. Sont notamment concernés les services «ne pas déranger» et «blocage des communications». Une augmentation de l'abonnement pour la ligne fixe classique, facturé actuellement 25,25 francs par mois, serait aussi envisagée.

Entrée en vigueur en janvier 1998, la libéralisation du marché des télécoms nous promettait l'avènement d'une véritable concurrence. Grâce aux nouveaux opérateurs, les prix devaient plonger. Trois ans et demi plus tard, le bilan est en demi-teinte.

Au niveau des sociétés, on observe une restructuration autour d'un petit nombre d'acteurs dans un marché toujours dominé par les opérateurs historiques. En Europe, les anciens monopoles contrôlent en moyenne 96% du marché des appels locaux, 88% des communications interurbaines et 81% des appels internationaux. On est loin de la forte concurrence promise.

Depuis quelques mois, on ne compte plus les opérateurs en difficulté financière, ou carrément en faillite. L'américain World Access, un des plus importants opérateurs alternatifs en Europe, s'est mis sous la protection du chapitre 11 du Code américain des faillites. En Suisse, World Access détient notamment Facilicom, Net Net et GTN.

Les sociétés Viatel, GTS, Intercall ou One.Tel sont aussi au bord du gouffre. Sans oublier l'opérateur zurichois Callino qui a fermé boutique juste après avoir lancé une méga campagne publicitaire. Au final, seule une poignée de puissants s'en sortiront.

En ce qui concerne les prix des appels, la chute a bien été vertigineuse sur les communications internationales. En revanche, pour les liaisons nationales et surtout locales, la baisse est encore limitée. Elle le restera tant que Swisscom contrôlera le «last mile», la liaison en cuivre qui relie les clients au central téléphonique de quartier.

En conservant ce lien physique, l'opérateur historique demeure incontournable pour ses concurrents, en tout cas en ce qui concerne les particuliers. Les grandes entreprises sont mieux loties car elles peuvent échapper au géant bleu via des sociétés qui ont tissé leur propre réseau. Reste encore à choisir celle qui ne tombera pas en faillite dans les prochains mois.

D'autres services, comme les connexions à Internet avec de hauts débits ou les appels depuis et vers un téléphone mobile, offrent toujours un potentiel de baisse. Mais chat échaudé craint l'eau. Il est probable que les opérateurs vont essayer d'éviter une guerre des prix qui les affaibliraient.

Luigino Canal


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