Trois scénarios qui coûteront cher socialement

Le patron de Swissair Group Mario Corti, le chef de la task force Peter Siegenthaler et le président de Crossair André Dosé (de g. à d.) Keystone

La task force de la Confédération a proposé dimanche trois scénarios pour la création d'une nouvelle compagnie aérienne. Le coût social est lourd dans les trois cas de figure, puisqu'ils prévoient respectivement 9400, 14.500 et 27.000 suppressions d'emplois.

Ce contenu a été publié le 15 octobre 2001 - 00:29

Le patron de Crossair André Dosé a détaillé dimanche devant la presse les trois variantes proposées par la task force. Le scénario A correspond à une adaptation du plan «Phœnix» des banques.

Crossair, qui est déjà propriétaire de 82 avions, reprendrait 26 long-courriers et 26 court-courriers de Swissair. Les besoins en capital sont estimés à 2,2 milliards de francs, auxquels il faut ajouter entre 1 et 1,7 milliard supplémentaires pour assurer, à titre provisoire, l'exploitation de la flotte des longs-courriers durant l'horaire d'hiver.

Selon André Dosé, le délai est en effet trop court pour que Crossair reprenne d'ici à la fin du mois les long-courriers de Swissair.

Il faudrait encore ajouter à ce montant le coût du plan social, qui se monterait à 650 millions de francs, a précisé Mario Corti, patron de Swissair. Un plan social qui n'est pas encore finançable.

Cette variante nécessiterait environ quatre milliards de francs au total. La question fondamentale est de savoir si la Suisse veut avoir une compagnie nationale avec un «hub» à Kloten, a souligné André Dosé. Or, seul le scénario A peut garantir une compagnie nationale viable.

Les deux autres scénarios

Le scénario B esquissé par la task force prévoit que Crossair reprenne 15 long-courriers de Swissair seulement et 26 court-courriers. Ce cas de figure nécessiterait 1,6 milliard de francs, plus 1,25 milliard pour les coûts de réduction de personnel.

Enfin, le scénario C envisage qu'aucun vol de Swissair ne soit repris par Crossair. Ce scénario coûterait 2,7 milliards de francs uniquement pour les mesures sociales. De plus, il ne serait plus réaliste de considérer l'aéroport de Zurich comme un «hub» international. Des effets négatifs se feraient également sentir pour les aéroports de Bâle-Mulhouse et de Genève-Cointrin.

Le Conseil fédéral se prononcera

La task force n'a toutefois pas pris de décision, étant donné qu'elle n'est pas compétente. De son côté, Peter Siegenthaler, directeur de l'Administration fédérale des finances et responsable de la task force, a précisé qu'il allait informer immédiatement le Conseil fédéral, qui se prononcera mercredi au plus tard sur une éventuelle participation de la Confédération.

La Confédération est notamment sollicitée pour un éventuel financement du crédit de transition permettant la poursuite des vols long-courriers de Swissair pendant l'horaire d'hiver. L'économie sera également appelée à participer au capital de la nouvelle compagnie.

De 9400 à 27 000 suppressions d'emplois

La facture sociale est importante pour le personnel dans les trois scénarios. Dans le premier cas de figure, 9400 personnes - soit 14% du personnel de Swissair - seraient licenciées, dont 4100 uniquement en Suisse.

Pour le scénario B, 14 500 emplois passeraient à la trappe, dont 6800 en Suisse. Enfin, le pire scénario (C), envisage la suppression de 27 000 emplois, dont 14 500 en Suisse.

De manière générale, la task force de la Confédération considère que la mise en place d'une nouvelle compagnie aérienne n'est possible que sur la base de Crossair.

Problèmes de liquidités dans les filiales

Par ailleurs, le groupe de travail est arrivé à la conclusion que les liquidités étaient suffisantes pour garantir les activités aériennes de Swissair jusqu'au 28 octobre.

Par contre, les liquidités manquent chez certaines filiales, notamment SR Technics, Swisscargo, Cargologic, Atraxis, GateGourmet, Swissport et Avireal. Ces manques pourront toutefois être compensés par le montant versé par les banques suite au rachat des actions Crossair.

Néanmoins, la mise à disposition du crédit relais de 250 millions de francs est actuellement «urgente», selon la task force. Par ailleurs, d'autres mesures doivent être envisagées afin de garantir les infrastructures les plus importantes de l'aéroport de Zurich.

swissinfo avec les agences

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